La longue nuit de Lucie : Une résistante et ses compagnes dans les bagnes nazis

Rencontre et dédicace avec Marie-José Masconi, autour de son livre :

La longue nuit de Lucie, Une résistante et ses compagnes dans les bagnes nazis

le 13 Mars, à Rochefort ( librairie, “L’arbre à mots”, 19 h)

Edition La Nuée bleue

Lucie Primot est une jeune institutrice de Meurthe et Moselle. Dès 1941, membre du “Réseau de passeurs de Joeuf”, elle et ses compagnes font passer  3 000 personnes en zone libre, dont des  Alsaciens et Mosellans quittant leur région annexée pour échapper à la nazification, des prisonniers de guerre évadés…

Elle est arrêtée en mars 1942  avec l’ensemble de son réseau  et désignée comme déportée “Nacht und Nebel”. Elle fait partie des premières femmes françaises déportées “NN”.

Condamnée à mort, elle passe plusieurs années dans les prisons nazies, dans l’attente de la mort. Elle survit à l’horreur des bagnes nazis, aux bombardements des prisons et à la marche de la mort de janvier-février  1945. Elle est libérée de la prison d’Aïchach, près de Munich, le 28 avril 1945 par les Américains.

Après la guerre, elle épouse Jean Masconi, un officier ayant participé à la constitution des premiers maquis de l’Allier, déporté à Peenemünde- centre de fabrication et site d’essais de missiles entre 1941 et 1943 sur la Baltique-, puis à Dora et Buchenwald

Lucie décède le 25 Juin 1979 à Bitche, en Moselle.

Source  principale,   https://www.lelivrechezvous.fr/la-longue-nuit-de-lucie.html

Carte de déporté de Jean Masconi, source: AFMD Allier

A travers ce livre, écrit par sa fille, Marie-José Masconi-Présidente des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation du Bas-Rhin-, à partir de ses souvenirs et des notes personnelles de sa maman, mais aussi complété par d’autres sources d’archives, l’auteure rend hommage à toutes les femmes qui s’engagèrent dans la Résistance au péril de leur vie.

L’auteure, Marie-José Masconi, crédit photo, l’Est Républicain

La longue nuit de Lucie, par Marie-José Masconi

Réf. : NB0869

ISBN: 9782716508698

Nombre de pages : 112

Format : 16 x 24 cm

Date de parution : 8 mars 2019

Description : Une résistante et ses compagnes dans les bagnes nazis

Librairie ‘L’arbre à mots”, 26 rue Cochon-Duvivier, 17 300 Rochefort

Vendredi 13 mars 2020, 19 h

Mairie de Rochefort

https://www.ville-rochefort.fr/rencontre-dedicace-avec-marie-jose-masconi

L’invitation de la librairie

Le camp de Gross-Rosen et son évacuation

Le camp de Gross-Rosen est fondé en août 1940 aux confins de la Pologne, à 60 km de Wroclaw (Breslau), dans l’ouest de la Pologne actuelle.

Voir la situation du camp dans l’ensemble du Reich allemand, Source FMD

Il avait pour objectif d’exploiter une vaste carrière de granit blanc et noir de Silésie d’une vingtaine d’hectares, acquise par la DEST (Entreprise Terre et Pierre Sarl, appartenant à la SS) en 1940.

La carrière de pierres de Gross-Rosen , source KZ Gedenkstaette Dachau

D’abord Kommando du camp de concentration de Sachsenhausen, les dirigeants SS décident, dès 1941, de créer un camp autonome, avec ses propres Kommandos de travail. Le camp d’origine, ou « petit camp », prévu pour un effectif de 7 000 détenus, couvre une superficie d’environ 7 hectares. Un campanile unique en son genre se dresse curieusement sur la place d’appel, sa cloche rythme la vie du camp en sonnant les rassemblements, parfois en annonçant lugubrement les pendaisons publiques. Nombre de témoignages évoquent l’aspect monotone du camp, illustré par ses vingt-deux blocs identiques et alignés jusqu’au crématoire.

Vue du camp de Gross-Rosen, Allemagne 1942 source Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz

En 1944, après des agrandissements successifs, le  camp doit permettre d’atteindre une capacité de 45 000 détenus. Or, on estime le nombre de détenus à presque 80 000  en juin 1945, dont 26 000 femmes, juives pour la plupart.

Le camp de Gross-Rosen en 1945

Le camp de Gross-Rosen est ajouté à la catégorie III (la plus dure) du classement de KZ, à côté de Mauthausen, en septembre 1942. Courant 1943, l’extension du camp s’accompagne de l’installation d’ateliers plus ou moins importants pour l’industrie de guerre (Siemens & Halske, Blaupunkt, Wetterstelle…).

Le camp de Gross-Rosen essaime à son tour avec de nombreuses “filiales”(camps annexes et Kommandos) implantées au rythme des besoins de l’économie de guerre du Reich, notamment à la suite des dégâts causés par les raids aériens des Alliés et des besoins engendrés par la « guerre totale ». L’activité de ces « filiales » est donc liée à l’armement et à la guerre : montage d’avions, production de pièces d’artillerie, aménagement de terrains d’aviation, fabrication de produits chimiques pour gaz de combat, fabrication de chars, etc. L’une des caractéristiques du camp de Gross-Rosen réside dans la proportion importante de Kommandos de femmes, avec un effectif global d’environ 26 000 détenues, dont une forte proportion de Juives, notamment hongroises, beaucoup provenant d’Auschwitz (à partir de l’automne 1944, avec l’évacuation de ce camp), et de nombreux résistants faits prisonniers dans les combats de Varsovie lors de l’insurrection (avril-mai 1943).

Les camps secondaires de Gross Rosen

A noter, à propos des camps extérieurs :

Un des plus connus est celui de Brünnlitz, en Bohème, créé dans une ancienne usine textile grâce aux efforts d’Oskar Schindler. Après la fermeture de ce camp à Cracovie-Plaszow, 1 100 prisonniers juifs qui avaient travaillé pour Schindler furent envoyés à Brünnlitz où ils purent survivre à la guerre.

(extrait du site du Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah, http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=202

 On estime qu’à la fin 1944 environ 200 000 détenus sont passés par Gross-Rosen. Dans leur immense majorité, ils sont  polonais et russes, les autres se répartissant en 24 nationalités différentes. La mortalité augmentant rapidement (toute évaluation de la mortalité est délicate faute de statistiques précises), le crématoire construit en 1941 est insuffisant. En 1943, les responsables nazis passent commande d’un nouvel ensemble à quatre chambres; en janvier 1945, les installations des crématoires II et III de Birkenau sont démontées et envoyées à Gross-Rosen

Quelques mois avant la fin de la guerre, des déportés transférés d’autres camps transitent par Gross-Rosen. Ce sont en particulier les détenus des camps de l’Est, comme Auschwitz, évacués face à l’avance de l’Armée rouge. La surpopulation entraîne la propagation d’une épidémie de typhus et, entre le 8 février et le 23 mars 1945, le camp doit être à son tour évacué vers les camps de Buchenwald, Flossenbürg, Dachau et surtout Dora et ses Kommandos. Par des températures pouvant atteindre 20 à 25 degrés au-dessous de zéro, plus de 30 000 détenus sont ainsi embarqués dans des trains découverts, des conditions entraînant une effroyable hécatombe. Seuls les malades sélectionnés dès le 6 février restent sur place. Le 13 février 1945, les troupes soviétiques entrées dans le camp ne trouvent que quelques survivants.

Source FMD
L’évacuation de Gross-Rosen fut progressive. Dans les dix premiers jours de janvier, environ onze camps secondaires de la rive Est de l’Oder furent rapatriés au camp central puis évacués par rail vers le Reich. Les détenus des camps de basse Silésie furent envoyés vers les Sudètes et le protectorat de Bohème Moravie en marche de la mort.

Il est difficile de disposer de données fiables sur le nombre total de victimes du camp de Gross-Rosen. Le chiffre global de 40 à 45 000 pour la période 1941-1945 semble approcher la réalité.

Aujourd’hui un mémorial évoque la souffrance de ceux qui ne sont plus.

Sauf mention contraire, les photos sont extraites du site du Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah https://www.cercleshoah.org/

http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=202

Source du Texte: Fondation pour la Mémoire de la Déportation , FMD

mémoire vivante numéro 46

Rencontre avec NIKOLAUS WACHSMANN autour de son livre : « KL. UNE HISTOIRE DES CAMPS DE CONCENTRATION NAZIS »

Le Rectorat de l’Académie de Paris et l’Union des Associations de mémoire des Camps nazis vous invitent

Le lundi 2 mars 2020 à 14.00 dans le Grand Salon de La Sorbonne, 47 rue des Ecoles 75005 Paris

A une rencontre avec l’historien

NIKOLAUS WACHSMANN

Professeur d’histoire contemporaine à Birkbeck College, Université de Londres

Source du contenu éditorial: Geoffrey Swaine/​Shutterstock

Autour de son livre

« KL. UNE HISTOIRE DES CAMPS DE CONCENTRATION NAZIS »

Gallimard, 2017

Ce livre s’attache à montrer l’extrême diversité des camps nazis et des situations selon les lieux, les dates, l’évolution de la guerre économique et de la “guerre totale”, et le personnel des camps.

En un mot, cet ouvrage met en évidence ce que sont le processus génocidaire et le système concentrationnaire dans leur totalité qui ont érigé la violence et la déshumanisation en système d’état.

Renseignements et inscription auprès de l’Association française Buchenwald Dora

contact@buchenwald-dora.fr ou 01 43 62 62 04

Les jeunes du Lot et Garonne célèbrent le 75éme anniversaire de la libération des camps nazis

Vous avez déjà pu écouter ou lire le poème “La faim” de José Fosty, présenté par des collégiens de 3eme .

Ils évoquent maintenant la Centrale d’Eysses à travers un poème de Jean Lafaurie, interné à la Centrale de Villeneuve sur Lot, puis déporté à Dachau.

Ce poème, le “sinistre chariot“, sera diffusé le 19 février, en même temps qu’un bref historique sur la centrale d’Eysses et qu’un texte écrit sur place, en septembre 2019, par Jean Lafaurie , 96 ans, revenu à Eysses pour la 5ème fois.

Pour mieux comprendre ce poème, quelques informations sur la prison centrale d’Eysses (source https://www.eysses.fr/)

En 1943, les autorités de Vichy décident de concentrer dans ce lieu tous les résistants condamnés de la zone sud de la France. Ils seront 1 400 au début de l’année 1944.

Vue aérienne de la centrale d’Eysses (source site de Eysses)

Les 22 et 23 février de cette année 2020 sera évoqué le 76éme anniversaire de l’insurrection d’Eysses.

A quel événement est il fait allusion ?

Le 19 février 1944, le directeur de la prison ainsi qu’un inspecteur de l’administration pénitentiaire sont pris en otage par les détenus. Ceux-ci sont contraints de renoncer, la répression est très dure: 12 détenus sont fusillés, les autres résistants sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, 400 d’entre eux y mourront (source site de la centrale d’Eysses).

C’est à cette détention à Dachau que Jean Lafaurie fait allusion dans le poème : “le sinistre chariot”

Je n’oublierai jamais ce sinistre chariot

Que nous tirions à vingt de la gare à Dachau

Derrière nous le kapo, le SS et son chien

L’un guettant nos mollets, l’autre nos bas de reins

Car malheur à celui qui pour se reposer

Laissait le moindre mou à son cruel harnais

Car le kapo guettant nos moindres défaillances

Ne faisait par ses coups qu’augmenter nos souffrances

Dans ce chariot, des morts, nos compagnons, nos frères,

Qui ne connaîtront jamais la paix d’un cimetière

Car pour eux qui demain ne seront que poussière

Pas de fleurs, pas de tombe, pas la moindre prière

Comme nous, ils pensaient voir un jour la victoire

Et nous les emmenons vers les fours crématoires

Avec pour oraisons les cris de nos bourreaux

Et puis les grincements de l’horrible chariot

En tirant je pensais sans vouloir l’avouer

Qu’un jour ce serait moi que d’autres tireraient

Alors pour m’évader de ses sombres pensées

Et prouver à moi-même que j’étais bien vivant

J’oubliais la douleur faite par le harnais

Et tirais comme un fou tout en serrant les dents.

Pour compléter:

 Article du journal “La Dépêche” du 14 janvier 2020 https://www.ladepeche.fr/2020/01/14/radio-4-au-college-damira-asperti,8659593.php qui relate le travail des élèves de 3éme du collège Damira Asperti, à Penne d’Agenais, ( le nom du collège est celui d’une résistante déportée du Lot et Garonne).

Extrait de l’article:

Dans le cadre de son projet pour la commémoration du 75e anniversaire de la libération des camps nazis, Radio 4, radio locale dont la mission est de produire et de diffuser l’information locale la plus complète possible, s’est rendue au collège Damira-Asperti pour l’enregistrement d’un texte écrit par Damira Asperti – résistante, médaillée militaire, officier de la Légion d’honneur – lu par 4 élèves des classes de 3e. Ces enregistrements, dont le but est de faire lire des paroles et des poèmes de déportés par des collégiens et des lycéens, seront réalisés dans plusieurs établissements scolaires et diffusés sur les ondes de cette radio entre le 8 janvier et le 31 mai

Les collégiens et l’équipe des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du 47 en plein travail

Pour retrouver ou suivre les lectures des poèmes et des textes : ouvrir le programme http://www.radio4.fr/l-asso.html – Cliquer sur « Écoutez en direct »  

Les diffusions sont programmées :

  • Le mercredi dans l’émission « Paroles de jeunes » à 10h10 et 17h10
  • Le dimanche dans l’émission « La matinale du dimanche » à partir de 8h00

 En différé : suivre  ..le mode d’emploi :

 Se rendre à l’adresse suivantehttp://www.atel4.fr/exemples/memoire/

Sur le menu à gauche, choisir parmi les rubriques : “illustrations”, “présentation” ou “mois de…” où les textes, déposés au fur et à mesure du déroulement du projet (de janvier à mai), peuvent être écoutés et téléchargés.

Information à noter, toujours ce mois ci: présentation de l’exposition  Le Lutetia à la Mairie d’Avignon, du 17 au 29 février 2020

Amicale de Sachsenhausen: une nouvelle exposition

Vous habitez près de Rouen, vous avez l’occasion d’aller dans cette ville ou dans la région, prenez le temps de vous arrêter à Houppeville (76 770), à 9 Km de Rouen.

C’est là que la Salle du Vivier (rue Louis Pergaud, près de la mairie) abritera la nouvelle exposition sur le camp de Sachsenhausen inaugurée récemment.

Comme le présente le site de la mairie de Houppeville (Photo jointe, site de la mairie) , cette inauguration sera un temps fort, communal et régional.

Extrait du site de la mairie :

A l’occasion des commémorations du 75èm anniversaire de la libération des camps nazis, une grande exposition et de nombreux événements seront organisés à la Salle du Vivier du 8 au 13 février 2020.

Au programme de cette grande manifestation mémorielle : expositions, conférences, lectures, témoignages, rencontre intergénérationnelle, théâtre, randonnée… Un événement culturel d’ampleur à ne manquer sous aucun prétexte ! (Voir le programme du 8 au 13 février ICI)

Quelques extraits du synopsis de l’exposition présentée (page 2 du synopsis)

Le camp de Sachsenhausen fut construit en 1936, à 30 km de Berlin, pour vider, au moment des jeux olympiques, les prisons et camps sauvages autour de la capitale de leurs opposants politiques, religieux et prisonniers asociaux.

 L’installation, à côté du camp, de l’inspection générale des camps de concentration, des casernes et du centre de formation des SS « têtes de mort », des chenils de dressage des chiens d’attaque, en fit un camp expérimental/modèle pour tous les autres camps.

La proximité de l’usine Heinkel, construisant les bombardiers He 177, permit d’exploiter, en primeur, la main-d’oeuvre concentrationnaire. Près de 10.000 Français ont été déportés à Sachsenhausen, de juillet 1941 à octobre 1944. Environ la moitié a pu survivre, mais avec de nombreuses séquelles de la faim, des maladies et des sévices.  L’amicale de Sachsenhausen s’investit depuis de nombreuses années pour pérenniser la Mémoire des déportés. Elle vous présente sa nouvelle exposition, centrée autour de 4 thèmes principaux : – Le camp de Royallieu à Compiègne – Les principaux sites du camp de Sachsenhausen – La vie quotidienne et l’extermination par le travail – La fin du camp de Sachsenhausen et la libération des déportés….


affiche 2 “route de la mort” du panneau “la fin du camp et libération des déportés” P 7 du synopsis de l’exposition Sachsenhausen     

La totalité du synopsis de cette exposition est consultable en suivant ce lien ICI

Pour d’autres renseignements et pour réserver l’exposition, consulter l’Amicale de Sachsenhausen ICI

Rappel : L’exposition “Traces” (voir article du 20 Janvier sur ce blog) poursuit sa route: elle sera à  la Médiathèque de Marennes du 4 au 15 février, 3 rue Samuel Champlain 17320 Marennes  (renseignements ICI)

Photo, site de la Médiathèque de Marennes

Des expositions, des rencontres… en cette fin du mois de Janvier 2020

Le 16  Janvier, dans le cadre du partenariat Mémoire et Vigilance entre le Conseil économique et social et la Fondation pour la Mémoire de la Déportation  a eu lieu une table ronde autour du thème “Analogies et différences entre les crises des années trente et celles d’aujourd’hui” : une après-midi intéressante et enrichissante que nous pourrons retrouver en vidéo .

Parmi les participants, Serge Wourgaft , 102 ans,  arrêté à 26 ans, déporté au camp de Buchenwald  et toujours actif lors de nos réunions, comme le montre la photo prise le 16 janvier ! (Serge Wourgaft est au 1er rang, en pull rouge) A travers sa présence et cette photo, c’est un hommage à tous les déportés que nous voulons rendre

La transmission par les témoins

Ginette Kolinka sera sur Fance Culture dans la série intitulée “une histoire particulière”:

Émission 1 : Ginette Kolinka 1/2 : La mémoire retrouvée (avec la participation d’Huguette Cuisy à l’émission)

https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/ginette-kolinka-12-la-memoire-retrouvee

Ginette raconte son enfance, son adolescence sous l’occupation, l’étoile jaune obligatoire, l’arrestation à Avignon, les camps, le retour… et surtout la philosophie de la vie qu’elle en a tirée.

Crédits photographiques : Babelio

Émission 2: Ginette Kolinka 2/2: Auschwitz II- Birkenau, la transmission

https://www.franceculture.fr/emissions/une-histoire-particuliere-un-recit-documentaire-en-deux-parties/ginette-kolinka-22-auschwitz-ii-birkenau-la-transmission

A La Rochelle

Cérémonie devant la plaque commémorative de l’école Paul Doumer

Plaque commémorative, Ecole Paul Doumer

Dans la nuit du 30 au 31 janvier 1944 a eu lieu  dans le département la rafle de 90 enfants, femmes et hommes Juifs

Ils sont restés 2 jours dans cette école primaire Paul Doumer avant le transfert à Drancy, puis le départ vers Auswitch-Birkenau.

Les Jeunes et la transmission : “Par les vivants

Des élèves de seconde du Lycée Etienne Bezout à Nemours nous immergent dans le  Nemours de la seconde guerre mondiale pour suivre la vie des populations juives

Extrait de l’invitation envoyée par les élèves
Extrait du journal “Le Gâtinais”

La transmission par l’art : Exposition  à St Georges de Didonne (17)

A travers l’exposition « Traces de déportation» Michel Claverie, descendant de déporté, présente des photos du camp de concentration de Sachsenhausen réalisées lors d’un voyage mémoriel ; elles sont accompagnées des sculptures de Cécile Vassort, elle aussi descendante de déportés. (extrait page facebook de la Galerie d’Art de St Georges de Didonne)

Affiche de l’exposition ‘Traces”

Et toujours avec autant d’intérêt, l‘Exposition itinérante  “Lutetia, 1945 – le retour des déportés” créée pour le 70 ème anniversaire de la  libération des camps

 Elle est présentée en janvier/février au Lycée Victor Duruy à Paris

https://www.lecese.fr/sites/default/files/recup_synchro/evenement/CP-Lutetia2015-05_05_05.pdf

Photo en tête de cette note

Exposition du Lutétia

“Déportations en héritage”

Pour cette année 2020, 75éme anniversaire de la libération des camps, nous avons voulu insister sur  les deux notions de travail de mémoire et d’obligation de connaissances, fondements qui permettent de porter les “valeurs  d’une République solidaire et fraternelle” (texte du partenariat du CESE et de la FMD,  Partenariat Mémoire et Vigilance, signé le 2 octobre 2019)

Travail de mémoire et obligation de connaissances ont été mis en évidence lors de la première action de ce nouveau partenariat, le 16 janvier dernier, avec la table ronde organisée autour du thème “Analogies et différences entre les crises des années trente et celles d’aujourd’hui”.

Ce thème de la transmission indissociable de celui de la connaissance sera aussi l’objet de la journée d’Etudes et de Recherches de “Déportations en Héritage”

                                         « LA TRANSMISSION DE LA MÉMOIRE »

Le Mercredi 22 janvier 2020 à la Maison de la recherche, Université de Lille

A partir d’une analyse historique et psychologique de la transmission de la mémoire du massacre d’Ascq (avril 1944), à l’orée du 75ème anniversaire de la libération des déportés, les intervenants, universitaires, historiens, psychologues, et biologistes, débattront autour de la notion de « transmission ». Ils élargiront leurs réflexions à la transmission de la mémoire de la déportation ( voir le texte de l’affiche ci-dessous).

 Le colloque de 2020 est préparé par un comité scientifique composé de :

Daniel Beaune : Professeur des Universités

Rosa Caron : Maître de conférence – HDR

Jacqueline Duhem : Agrégée d’histoire, Membre du « Cercle d’Etude de la Déportation et de la Shoah »

Odile Louage : Agrégée d’histoire, présidente de la DT Nord AFMD.

Paul Roos : Président honoraire de la DT Nord de l’AFMD

Robert Vanovermeir : Professeur d’histoire, membre du Bureau National de  l’AFMD.

 Programme : (sous réserves)

Introduction :

Accueil par le Pr. Daniel Baune

« La transmission »  par Robert Vanovermeir

1er partie : La transmission de la mémoire du massacre d’Ascq

                        Table ronde avec le Pr. Daniel Beaune, Jacqueline Duhem (auteure d’ouvrages sur le Massacre d’Ascq,)  Odile Louage (Musée  de la Résistance à Bondues)

2ème partie : La transmission des traumatismes

                        Table ronde avec Rosa Caron (Maître de conférence HDR) Françoise Martin (Maître de conférence HDR) et Safia Metidji (Maître de Conférence associée)

3ème partie : La transmission de la mémoire de la déportation                    

                        Table ronde avec  Robert Vanovermeir  (membre du BN de l’AFMD), Christine Dalbert (Agrégée d’histoire)  Arnaud Bouligny (historien)  Serge Wolikow (historien, Président de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation)

Conclusions par  Paul Roos

Pour information:

Les colloques précédents ont porté sur les thèmes suivants:

Déportations en héritage (2011)

Qui sont ces bourreaux ?(2012)

Processus de déshumanisation (2014)

Devoir de mémoire ou travail de mémoire ? (2015)

« Psychopathologie des populations déplacées :
Migrations et déportations dans le Nord – Pas de Calais au XXème siècle »(2018)

Il y a 75 ans, le 17 janvier 1945, le camp d’Auschwitz était évacué

Le 17 janvier 1945, l’approche d’unités de l’armée soviétique des faubourgs de Cracovie par le Nord et le Nord-Ouest déclenche la décision d’évacuer les quelque 60 000 détenus du camp d’Auschwitz et de ses annexes (notes 1 et 2 ci-dessous). Dans la nuit du 17 au 18 janvier le camp est évacué et le 27 de ce même mois, la 60e armée du 1er Front ukrainien libère les quelque 8 000 détenus, malades et souvent incapables de se tenir debout, dont des enfants.

Le camp d’Auschwitz, même s’il est le plus connu, n’est pas le premier à être libéré.

Le camp principal du Struthof-Natzweiler, en Alsace, est évacué par les nazis en septembre 1944, mais les camps annexes ont continué de fonctionner. Ils seront évacués en mars avril 1945, dans le cadre des Marches de la mort.

Au total, environ dix millions d’hommes, de femmes et d’enfants sont passés par les camps.

Telle une hydre aux têtes multiples, le IIIe Reich implante son système d’enfermement et de destruction dans une très grande partie de l’Europe (Musée de la Résistance nationale de Champigny).

Ci-dessous, carte des camps de concentration source Fondation Mémoire de la Déportation (FMD)

Notes 1 et 2

  • Pour comprendre ce terme, et toute la complexité du camp d’Auschwitz que le terme « complexe d’Auschwitz » illustre dans sa globalité, voir le site http://memoiresdesdeportations.org/fr/carte et la carte de géolocalisation interactive.
  • Cette carte met en évidence le fait que le « camp d’Auschwitz » est le plus vaste des complexes créés par les nazis dans le cadre de la « solution finale », le génocide de toutes les communautés juives.
    Il comprenait Auschwitz I, le camp de concentration du début, Auschwitz II–Birkenau, un camp de travail et d’extermination et Auschwitz-III-Monowitz, un camp de travail au service de l’IG-Farben, qui y avait installé une usine de caoutchouc.

Dans les pays occupés, les opposants, les résistants sont pourchassés, arrêtés, déportés dans les prisons du Reich, des forteresses et surtout dans les camps de concentration surveillés par les SS : C’est la déportation de répression.

La déportation de persécution vise à exterminer ceux que les nazis considèrent comme n’étant même pas des êtres humains, tels les Juifs. En Pologne, Ukraine, Biélorussie, Roumanie et Pays Baltes les nazis et leurs complices commencent dès 1941 à mettre en application « la solution finale ».

On avance aujourd’hui le chiffre de 76 000 déportés de France en raison des persécutions antisémites dont 11 000 enfants et 58 520 victimes de la répression  auxquels il faut ajouter  au moins 7 000 victimes de la répression en Alsace-Moselle annexée, 8 300 Français arrêtés en Allemagne, 160 Tsiganes, 6 300 Républicains espagnols ayant servi dans l’armée française et transférés dans le camp de Mauthausen.
(source principale Cercle  d’étude de la déportation et de la Shoah)

L’évacuation des camps

En 1944, il s’agissait de soustraire les détenus à l’armée soviétique ou aux armées occidentales et de redéployer ailleurs la main d’œuvre (essentiellement juive et slave) encore utilisable. Les malades et impotents que les SS ne purent éliminer à temps, furent abandonnés sur place.

Dans les premiers mois de 1945 et jusqu’à la capitulation finale, les choses se compliquèrent. La question ne se limitait pas à régler le sort des incurables et des « inutiles », envoyés dans des camps mouroirs ou exterminés par d’autres moyens. Celle du sort des autres détenus, encore valides, se posa, surtout à partir d’avril 1945. Fallait-il les exterminer, regrouper cette main d’œuvre encore exploitable pour organiser des réduits de résistance, ou encore marchander leur survie ? Ces questions se posaient dans un contexte de désorganisation du pouvoir, laissant place aux initiatives des chefs locaux, eux-mêmes partagés entre fanatisme et désir de sauver leur peau.

Le premier ordre de Himmler, selon les instructions de Hitler, fut d’anéantir les détenus pour qu’aucun d’eux ne tombe vivant entre les mains ennemies. Mais finalement, l’extermination finale n’eut pas lieu.

 Les évacuations de début 1945 ont été entreprises dans l’urgence, dans une Allemagne indifférente et en général hostile aux détenus. Par des températures de -10 à -30°C, l’évacuation du complexe d’Auschwitz et des derniers camps de travail forcé de l’Est fut l’un des sommets de cette tragédie, qui entraîna un engorgement généralisé des autres camps et de véritables hécatombes humaines. Le taux de mortalité atteignit et dépassa 50% de l’effectif évacué.

L’évacuation du camp d’ Auschwitz et les Marches de la Mort

Carte FMD

Le camp est donc évacué le 17 janvier 1945. L’ordre fut donné d’abattre tout détenu tentant de fuir ou de rester en arrière. Le 18 janvier à l’aube, des colonnes sans fin de 500 à plus de 2 000 détenus, dont des femmes et des enfants, se mirent en route.

Des trains de wagons de marchandises ouverts, furent constitués dont le parcours incertain, marqué par des bombardements ou des attaques aériennes, ajouta au nombre des victimes.

Certains, arrivant à destination, comme à Sachsenhausen, furent refoulés faute de place et repartirent vers une autre destination. Il en arriva ainsi à Mauthausen (voir le témoignage d’André Montagne, ci-dessous), Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau… et leurs annexes. Ces départs furent précédés ou suivis de massacres. À Gleiwitz, après le départ des « valides », 57 détenus restant à l’infirmerie, les SS mirent le feu au bâtiment et mitraillèrent les détenus qui tentèrent de fuir les flammes. Deux d’entre eux, retrouvés vivants sous les corps de leurs camarades, raconteront.

Le 20 janvier, à Birkenau, une formation de SS de retour après un départ précipité massacra près de 200 femmes malades, puis dynamita les restes des crématoires II et III.

Le 26 janvier 1945, à une heure du matin, un dernier Kommando de SS dynamita le crématoire V, ultime témoin matériel de la réalité de la « solution finale ».

Quelques témoignages sur la libération du camp d’Auschwitz

Témoignage d’Henri Graff, évacué d’Auschwitz la nuit du 17 au 18 janvier 1945

http://www.cercleshoah.org/spip.php?article264

Témoignage d’André Montagne, évacué d’Auschwitz et qui a « débarqué » à Mauthausen le 26 Janvier 1945. 

http://www.memoirevive.org/levacuation-dauschwitz/

 A noter:

Mardi 21 janvier sur Arte :

-20 :50 « 1944 : il faut bombarder Auschwitz » de Tim Dunn, 2019,

-22 :25 : « Les expérimentations médicales à Auschwitz », documentaire de Sonya Wintenberg et Sylvia Nagel, 2019, sur le Block 10 des expériences « médicales » à Auschwitz I ; parmi les témoins (très rares) interviewées dans le documentaire : Génia Oboeuf. (Retrouvez son histoire plus en détail dans la publication Petit Cahier du Cercle d’étude Adélaïde Hautval : https://www.cercleshoah.org/spip.php?article371 )

Depuis le tournage (2016-2018) de ce documentaire, Génia, 97 ans, est le seul témoin du Block 10 encore en vie.

-23 :15 : « La Babel des enfants perdus » de Théo Ivanez


Dessin de Serge Smulevic, réalisé en 1945 après sa libération http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/experiences_medicales.htm

Image mise en avant: les restes du crématoire V du camp d’Auschwitz-Birkenau, ultime témoin matériel de la “solution finale” source FMD

« analogies et différences entre les crises de années trente et celles d’aujourd’hui » , Débat

INVITATION

Dans le cadre du partenariat 
« Mémoire et vigilance » qu’ils ont récemment conclu,

Patrick BERNASCONI 
Président du Conseil économique, social et environnemental (CESE)

Serge WOLIKOW
Président de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD)

seraient honorés de votre présence à la première manifestation thématique qu’ils organisent sous forme de table ronde autour de la question  des:

  « analogies et différences entre les crises de années trente et celles d’aujourd’hui » ,

le jeudi 16 janvier 2020 de 14h à 17h30
au CESE

avec la participation de
Michaël Foessel, philosophe, professeur à l’École Polytechnique,
François Héran, professeur au Collège de France, chaire « Migrations et sociétés »
Anne-Marie Matard-Bonucci, professeure d’histoire contemporaine à l’université de Paris 8,
Jean Vigreux, professeur d’histoire contemporaine, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon
modérateurs
Serge Wolikow, Président de la Fondation pour la Mémoire de la déportation
et Benoît Garcia , conseiller et coordinateur du partenariat au CESE.
Le débat

Les années trente / aujourd’hui : analogies et différences

Face à la montée de la xénophobie, du racisme, de l’antisémitisme, mais aussi du fait de la mise en cause des fondements démocratiques de la République et des atteintes aux libertés, il est souvent fait référence aux années trente dans le débat public. 
Jusqu’où ce rappel est-il pertinent ? Comment penser, hier et aujourd’hui, le rôle du monde du travail, du mouvement syndical et associatif, de la société civile organisée et l’engagement des chercheurs en sciences humaines et sociales ? Que peut signifier dans le monde actuel la prise en compte de l’expérience historique pour penser l’innovation démocratique et sociale ?
Autant de questions que les intervenants, universitaires et chercheurs pourront aborder lors de cette table ronde et dont ils pourront débattre avec la salle. 

Ce débat a pour objectif de faire vivre ce qui est au cœur du partenariat « Mémoire et vigilance »  : mettre en commun nos volontés et nos forces pour assurer un travail de mémoire et une obligation de connaissances, porter ensemble les valeurs d’une République solidaire et fraternelle, promouvoir le respect des droits fondamentaux, des libertés et de la dignité et combattre les discours de haine, d’exclusion et la violence qui en découle.

Informations pratiques

Accueil des participants à 13h30 – début des travaux à 14h
au Conseil Économique, Social et Environnemental
9 place d’Iéna 75016 Paris
Salle 301

Accès dans la limite des places disponibles, sur inscription à l’adresse : palaisdiena@lecese.fr

(métro ligne 9 Iéna, bus 32, 63 et 82 arrêt Iéna, bus 30 arrêt Albert de Mun)