Mémoire à quatre voix

  « La mémoire partagée d’enfants de déportés et de SS »

« Le quator inédit » à l’auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris, le 29 novembre 2019. De gauche à droite: Jean-Michel Gaussot, Yvonne Cossu-Alba, Barbara Brix et Ulrich Gantz. A droite, François-René Cristiani, modérateur

Ce quatuor inédit est composé de deux Français, Yvonne Cossu-Alba et Jean-Michel Gaussot, dont les pères résistants, déportés à Neuengamme, ont rendu l’âme dans les derniers jours d’avril 1945 dans les mouroirs de Sandbostel pour l’un, de Wöbbelin pour l’autre, et de deux Allemands,  Barbara Brix et Ulrich Gantz, dont les pères ont occupé des postes importants dans les Einsatzgruppen, ces escadrons de la mort des SS chargés d’éliminer en masse communistes, Juifs et Tsiganes dans les territoires soviétiques occupés par les troupes allemandes à partir de l’été 1941.

Ils se sont rencontrés, en 2014, au Mémorial (Gedenkstätte) du camp de concentration de Neuengamme, lors d’un Forum intitulé « Avenir de la Mémoire », au cours duquel Barbara et Ulrich ont évoqué leur lourd héritage devant un public d’anciens déportés et de descendants de déportés. « C’était très dur pour Ulrich et moi de nous retrouver devant un tel public, raconte Barbara Brix. Nous nous préparions à toute forme de réaction ». Jean-Michel Gaussot était présent et est intervenu pour souligner que, « pas plus que les enfants de résistants ne pouvaient se glorifier des actes héroïques de leurs parents, les enfants de persécuteurs ne devaient se sentir coupables des forfaits commis par les leurs ». Il a ensuite ajouté que « leurs douloureux héritages respectifs, celui des descendants de victimes et celui des descendants de responsables nazis, ne devaient pas les éloigner, mais au contraire les rapprocher dans un combat commun pour la mémoire, la tolérance et le respect des droits humains ».

En 2015, Yvonne Cossu-Alba remplaçait Jean-Michel au Forum et, à son tour, elle a fait la connaissance de Barbara Brix et d’Ulrich Gantz, et noué avec eux des relations de confiance.

Lorsque, en 2016, ils se retrouvent tous les quatre à Neuengamme, à l’occasion du troisième Forum annuel, ces liens se sont encore renforcés, se transformant en une véritable amitié. L’idée de témoignages communs dans des établissements scolaires a alors pris forme. C’est le début d’un parcours de témoignages qui s’étendra progressivement à des publics d’adultes.

Rencontre au Collège saint Exupéry à Perpignan en mars 2017; le Club Radio du Collège. Crédits photographiques © Club radio Collège St. Exupéry

Le vif intérêt suscité par ce dialogue franco-allemand entre enfants de victimes et enfants de persécuteurs nazis a été confirmé tant par les nombreuses questions posées par l’assistance à l’issue des diverses présentations que par le retentissement des interviews données par le quatuor dans la presse écrite comme sur des chaînes locales de télévision, dans les différents pays. (voir liens ci-dessous)

Au-delà des témoignages individuels, c’est avant tout dans les liens d’amitié qui les unissent, en dépit des destins contraires de leurs pères, que réside le message de tolérance et de fraternité qu’ils cherchent à communiquer à leurs auditoires. Jean-Michel Gaussot l’exprime dans Le Patriote Résistant d’octobre 2018 : « « Dans une Europe qui s’éloigne des valeurs de solidarité que nous ont transmises les Résistants et qui semble plus que jamais menacée par la résurgence de la haine sous ses différentes formes – nationaliste, raciste, antisémite-, par les fanatismes de toutes sortes ou par un communautarisme qui fractionne la société et nourrit les antagonismes en son sein, nous cherchons à apporter une très modeste contribution, une toute petite pierre, à la construction d’un avenir de paix et de liberté sur notre continent. »

Janvier 2018 Crédits photographiques: Le Dauphiné Libéré
© LeDL/Greg YETCHMENIZA

Quelques lieux où ont été organisés les témoignages « à 4 voix »  ainsi que des liens permettant de les écouter et de suivre les réactions de la presse.

Mars 2017 : Perpignan, collège St. Exupéry et Lycée Maillol, à l’initiative de professeurs avec l’aide de Barbara Brix.

Mai 2017 : Hambourg, public adulte, soirée organisée par la Gedenkstätte de Neuengamme.

Janvier 2018 : Genève, collège Calvin, puis inauguration de l’exposition « 2ème génération » à l’hôtel Beau Rivage. Organisateur : la CICAD (Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme et la diffamation).

Article paru dans « Le Dauphiné libéré » 

https://www.cicad.ch/sites/default/files/news/pdf/Cicad2-pdf.pdf

Vidéo d’une interview de Barbara Brix et Yvonne Cossu :

https://www.rts.ch/info/regions/geneve/9275981-le-message-d-humanite-d-enfants-de-resistants-et-de-nazis-a-geneve.html

Janvier 2019 : Fribourg (collège St. Michel) et Lausanne (Palais de Rumine, élèves de lycée), organisateur : la CICAD.

Article paru sur le site internet cath.ch : https://www.cath.ch/newsf/qui-etait-mon-pere-le-temoignage-denfants-de-nazis-et-de-resistants/ photo

Résumé en vidéo de la semaine du 14 au 18 janvier 2019

Brochure CICAD 2019 :

https://cicad.ch/sites/default/files/basic_page/pdf/Programme_2019_DE_Planches_web.pdf

Le « quatuor inédit » à Fribourg le 14 janvier 2019 Crédits photographiques:
 © Chloe Lambert (La Gruyère)

Avril 2019 : Lyon, Hôtel de Ville. Organisateur : Mémorial national de la prison de Montluc.

Novembre 2019 : Paris, Lycée Notre-Dame de Bury à Margency (95), organisateur : Jean-Claude Roumilhac, fils de déporté-otage à Neuengamme.

Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris, public adulte. Organisateur : Amicale française de Neuengamme avec le soutien de la Ville de Paris. photo

Janvier 2020 : Genève, Collège Emile Gourd, puis Uni-Mail (Université de Genève), soirée organisée par la CICAD en partenariat avec l’Office des Nations Unies à Genève, avec le soutien de la Confédération Suisse et de la Mission permanente de la France.

Article paru dans le journal « Jet d’encre » :

https://www.jetdencre.ch/enfants-de-nazis-ou-de-resistants-deportes-quand-la-deuxieme-generation-temoigne

Interview télévisée de Barbara Brix et Jean-Michel Gaussot sur la chaîne Léman bleu : http://www.lemanbleu.ch/replay/video.html?VideoID=40451

Mars 2020 : Barcelone, école SIL (élèves de second cycle), puis Université Ramon Llull (étudiants et adultes). Organisateurs : deux fondations militant pour la paix et la justice, la Fondation Pere Tarrés, animée notamment par la professeure Esther Giménez-Salinas, et la Fondation Lettre pour la paix adressée à l’ONU (Fundación Carta de la Paz dirigida a la ONU ), dirigée par Jordi Palou-Loverdos.    photo

Article paru sur le site https://www.cope.es/actualidad/cultura/noticias/dialogo-entre-victimas-verdugos-del-nazismo-como-receta-frente-olvido-20200304_637620

Interview télévisée de Barbara Brix et Jean-Michel Gaussot à la télévision publique de Catalogne, TV3 : https://www.ccma.cat/tv3/alacarta/els-matins/victimes-de-lholocaust-alerten-del-resorgiment-de-la-ideologia-de-lodi-a-europa/video/6033348/

« Les 4 voix » à l’Université de Barcelone, au mois de mars 2020
© Daniel Fernandez Fuentes

Ces extraits ont été choisis, parfois difficilement car chacun est à lui seul un témoignage,  par Yvonne Cossu et Jean-Michel Gaussot avec l’accord de Barbara Brix et Ulrich Gantz parmi de nombreux autres avec le seul souci de montrer la diversité des lieux et des publics touchés par ce  » quatuor inédit » de la 2éme génération, « 4 voix » unies dans le même message de tolérance.

Merci à eux 4 pour ce texte reproduit avec leur accord et l’envoi des photos et crédits photographiques

Viviane Boussier Pte CRMD

Retour sur la table ronde du 16 janvier 2020

Une note précédente vous présentait quelques réactions des intervenants de la table ronde organisée le 16 janvier dans le cadre du partenariat entre le Conseil économique et social et la Fondation pour la mémoire de la déportation.

Vous trouverez en cliquant sur les liens ci-dessous des extraits plus importants de cette table ronde dont le thème portait sur : « Analogies et différences entre les crises des années 30 et celles d’aujourd’hui« .

Extraits de la page Facebook du CESE et lien de la vidéo, ICI

Sur d’autres réseaux sociaux: Linkedin ICI et Twitter ICI

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Evénements reportés

En raison de la crise sanitaire, sauf avis contraire que nous vous communiquerons, les événements prévus sont reportés à une date ultérieure. Renseignements sur les pages correspondant aux conférences, rencontres ….qui étaient annoncées.

Merci de votre compréhension

Concert de la Liberté

Le concert prévu le 15 avril est annulé et reporté à une date ultérieure que nous vous communiquerons dès que nous en aurons connaissance.

 A l’occasion du 75ème anniversaire de la libération des camps et du retour des déportés, Les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation organisent un Concert de la Liberté le mercredi 15 avril 2020 à 20h30 en l’Eglise Saint-Roch (Chapelle des Déportés) Paris 1er, pour rendre hommage aux Déportés et à toutes les victimes des camps nazis.

Au programme de ce concert : Le Chant des Marais, la Marche funèbre de Beethoven (extrait de la 3ème symphonie) et le Concerto pour violon et orchestre de Bruch. Les œuvres seront interprétées par Michaël François (ténor du Chœur de l’Armée Française), Pierre Hamel (violon solo de l’Orchestre Colonne) et l’orchestre Les Concerts Gais sous la direction de Pierre Mosnier.

Cet événement est placé sous le haut patronage du Président de la République.

En présence de nos invités d’honneur, les Déportés -témoins de l’Histoire-, cette soirée sera donnée au profit des actions éducatives et culturelles de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation qui fêtera ses 30 ans d’existence

Informations : concert-liberte@afmd.org 01 42 01 66 01

Résister en pays cévenol

Cette conférence est annulée et reportée au mois de novembre

Fidèle à sa tradition de lieu de résistance et d’accueil, le pays des Huguenots et des Camisards est devenu une terre de résistance contre l’occupant nazi et le gouvernement de Vichy ainsi qu’une terre d’accueil de juifs et d’opposants politiques.

C’est sur ce thème que le Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah organise une conférence avec Patrick Chabanel sur « Les Cévennes, terre de refuge; 1940-1944 ».

Le mercredi 18 mars de 16h30 à 18 h30 au lycée Buffon (métro Pasteur ou Sèvres-Lecourbe). Entrée libre (voir invitation ci-dessous)

Cette conférence-débat sera animée par Patrick Cabanel,

Directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études, titulaire de la chaire « Histoire et sociologie des protestantismes », spécialiste des  minorités religieuses (protestants et juifs) dans la France moderne et contemporaine.

Patrick Cabanel, source Wikipédia

Et

Elisabeth Seckel-Bickart, née en Lozère en 1943 de parents étrangers, internés, puis cachés en pays camisard.

Présentation de l’ouvrage de Patrick Cabanel : Nous devions le faire. Nous l’avons fait. Cévennes, l’histoire d’une terre de refuge 1940-1944

Alcide, Nîmes, 2018


Alcide, Nîmes, 2018 , Source France culture

Présentation par l’éditeur:

De 1940 à 1944, quelques centaines de juifs sont venus s’installer ou séjourner dans les Cévennes, entre Gard et Lozère. Vallées et montagnes les ont presque tous sauvés, malgré les rafles, la gendarmerie puis les troupes et polices d’occupation.

Juifs français et étrangers, antinazis allemands, enfants isolés et familles entières ont trouvé ici l’asile et le salut. Ils le doivent à une géographie tourmentée et à la culture historique de la population cévenole : les descendants des Camisards, habitués à tenir tête à l’État oppressif, ont ouvert aux juifs les portes de leur pays de schiste, de Bible et de mémoire.

 Ce livre est la première synthèse sur l’une des plus belles pages de la rencontre entre juifs et non juifs dans la France de Vichy. Source France culture

Les femmes et la déportation

A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de la Femme, une conférence sur le thème « Les femmes et la Déportation » est organisée le dimanche 8 mars 2020 à 15h, en salle bleue du Centre Culturel Le Relais de la Côte de Beauté à Saint-Georges de Didonne.

Cette conférence sera suivie du vernissage de l’exposition « Empreintes » à 18h30 à la Galerie d’Art Municipale. https://www.saintgeorgesdedidonne.fr/agenda/conference-les-femmes-et-la-deportation/

Invitation pour le 8 Mars à St Georges de Didonne

Quelques mots sur ces femmes dont Les Amis de la Fondation 17 vont parler ce 8 mars.

Ginette Kolinka naît en 1925 à Paris dans une famille d’origine juive non pratiquante. Elle vit dans cette ville puis à Aubervilliers avec ses parents et ses six frères et sœurs.

Réfugiée à Avignon, les hommes de sa famille sont arrêtés sur dénonciation, et, comme elle proteste, elle est aussi embarquée avec eux, pour les Baumettes à Marseille puis pour Auschwitz en avril 1944. Son père et son frère sont gazés en arrivant, Ginette est envoyée dans le camp des femmes.  

Elle est transférée à Bergen-Belsen en octobre 1944, puis à Raguhn, près de Leipzig, et dans un « train de la mort »  jusqu’au camp de Theresienstadt d’où, atteinte du typhus,  elle sera rapatriée par avion sanitaire jusqu’à Lyon par les Américains.

Ginette essaie de reprendre vie pendant deux ans, sans parler de sa déportation. Mariée en 1951, elle a un fils.

Elle témoigne auprès des jeunes et accompagne de nombreux voyages à Auschwitz. Source : Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah https://www.cercleshoah.org/

Le Verfügbar aux enfers est une opérette écrite clandestinement à l’automne 1944 par Germaine Tillion au camp de concentration de Ravensbrück. Ethnologue, elle a réussi à prendre le recul nécessaire pour observer les règles de l’univers concentrationnaire qu’elle et ses camarades subissent. Le rire étant la seule arme qui lui reste, elle écrit cette œuvre qui dépeint l’enfer de Ravensbrück.

Le Verfügbar est un animal inconnu, jamais repéré jusque là, qui ne mange jamais, ne boit que de l’eau sale et est maigre comme un clou. Source réseau Canopé https://www.reseau-canope.fr/le-verfugbar-aux-enfers

Une opérette à Ravensbrück Editions Le Point

Retour sur la table ronde du 16 janvier au CESE

Dans le cadre du partenariat entre le Conseil économique et social et la Fondation pour la mémoire de la déportation, une table ronde a été organisée le 16 janvier sur le thème : « Analogies et différences entre les crises des années 30 et celles d’aujourd’hui« .

Signature du partenariat « Mémoire et vigilance » https://www.lecese.fr/signature-partenariat-memoire-vigilance

En attendant l’intégralité de la table ronde, voici des liens vous permettant de découvrir quelques points de vue des intervenantes et des intervenants recueillis ce 16 janvier.

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La longue nuit de Lucie : Une résistante et ses compagnes dans les bagnes nazis

Rencontre et dédicace avec Marie-José Masconi, autour de son livre :

La longue nuit de Lucie, Une résistante et ses compagnes dans les bagnes nazis

le 13 Mars, à Rochefort ( librairie, « L’arbre à mots », 19 h)

Edition La Nuée bleue

Lucie Primot est une jeune institutrice de Meurthe et Moselle. Dès 1941, membre du « Réseau de passeurs de Joeuf », elle et ses compagnes font passer  3 000 personnes en zone libre, dont des  Alsaciens et Mosellans quittant leur région annexée pour échapper à la nazification, des prisonniers de guerre évadés…

Elle est arrêtée en mars 1942  avec l’ensemble de son réseau  et désignée comme déportée « Nacht und Nebel ». Elle fait partie des premières femmes françaises déportées « NN ».

Condamnée à mort, elle passe plusieurs années dans les prisons nazies, dans l’attente de la mort. Elle survit à l’horreur des bagnes nazis, aux bombardements des prisons et à la marche de la mort de janvier-février  1945. Elle est libérée de la prison d’Aïchach, près de Munich, le 28 avril 1945 par les Américains.

Après la guerre, elle épouse Jean Masconi, un officier ayant participé à la constitution des premiers maquis de l’Allier, déporté à Peenemünde- centre de fabrication et site d’essais de missiles entre 1941 et 1943 sur la Baltique-, puis à Dora et Buchenwald

Lucie décède le 25 Juin 1979 à Bitche, en Moselle.

Source  principale,   https://www.lelivrechezvous.fr/la-longue-nuit-de-lucie.html

Carte de déporté de Jean Masconi, source: AFMD Allier

A travers ce livre, écrit par sa fille, Marie-José Masconi-Présidente des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation du Bas-Rhin-, à partir de ses souvenirs et des notes personnelles de sa maman, mais aussi complété par d’autres sources d’archives, l’auteure rend hommage à toutes les femmes qui s’engagèrent dans la Résistance au péril de leur vie.

L’auteure, Marie-José Masconi, crédit photo, l’Est Républicain

La longue nuit de Lucie, par Marie-José Masconi

Réf. : NB0869

ISBN: 9782716508698

Nombre de pages : 112

Format : 16 x 24 cm

Date de parution : 8 mars 2019

Description : Une résistante et ses compagnes dans les bagnes nazis

Librairie ‘L’arbre à mots », 26 rue Cochon-Duvivier, 17 300 Rochefort

Vendredi 13 mars 2020, 19 h

Mairie de Rochefort

https://www.ville-rochefort.fr/rencontre-dedicace-avec-marie-jose-masconi

L’invitation de la librairie

Le camp de Gross-Rosen et son évacuation

Le camp de Gross-Rosen est fondé en août 1940 aux confins de la Pologne, à 60 km de Wroclaw (Breslau), dans l’ouest de la Pologne actuelle.

Voir la situation du camp dans l’ensemble du Reich allemand, Source FMD

Il avait pour objectif d’exploiter une vaste carrière de granit blanc et noir de Silésie d’une vingtaine d’hectares, acquise par la DEST (Entreprise Terre et Pierre Sarl, appartenant à la SS) en 1940.

La carrière de pierres de Gross-Rosen , source KZ Gedenkstaette Dachau

D’abord Kommando du camp de concentration de Sachsenhausen, les dirigeants SS décident, dès 1941, de créer un camp autonome, avec ses propres Kommandos de travail. Le camp d’origine, ou « petit camp », prévu pour un effectif de 7 000 détenus, couvre une superficie d’environ 7 hectares. Un campanile unique en son genre se dresse curieusement sur la place d’appel, sa cloche rythme la vie du camp en sonnant les rassemblements, parfois en annonçant lugubrement les pendaisons publiques. Nombre de témoignages évoquent l’aspect monotone du camp, illustré par ses vingt-deux blocs identiques et alignés jusqu’au crématoire.

Vue du camp de Gross-Rosen, Allemagne 1942 source Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz

En 1944, après des agrandissements successifs, le  camp doit permettre d’atteindre une capacité de 45 000 détenus. Or, on estime le nombre de détenus à presque 80 000  en juin 1945, dont 26 000 femmes, juives pour la plupart.

Le camp de Gross-Rosen en 1945

Le camp de Gross-Rosen est ajouté à la catégorie III (la plus dure) du classement de KZ, à côté de Mauthausen, en septembre 1942. Courant 1943, l’extension du camp s’accompagne de l’installation d’ateliers plus ou moins importants pour l’industrie de guerre (Siemens & Halske, Blaupunkt, Wetterstelle…).

Le camp de Gross-Rosen essaime à son tour avec de nombreuses « filiales »(camps annexes et Kommandos) implantées au rythme des besoins de l’économie de guerre du Reich, notamment à la suite des dégâts causés par les raids aériens des Alliés et des besoins engendrés par la « guerre totale ». L’activité de ces « filiales » est donc liée à l’armement et à la guerre : montage d’avions, production de pièces d’artillerie, aménagement de terrains d’aviation, fabrication de produits chimiques pour gaz de combat, fabrication de chars, etc. L’une des caractéristiques du camp de Gross-Rosen réside dans la proportion importante de Kommandos de femmes, avec un effectif global d’environ 26 000 détenues, dont une forte proportion de Juives, notamment hongroises, beaucoup provenant d’Auschwitz (à partir de l’automne 1944, avec l’évacuation de ce camp), et de nombreux résistants faits prisonniers dans les combats de Varsovie lors de l’insurrection (avril-mai 1943).

Les camps secondaires de Gross Rosen

A noter, à propos des camps extérieurs :

Un des plus connus est celui de Brünnlitz, en Bohème, créé dans une ancienne usine textile grâce aux efforts d’Oskar Schindler. Après la fermeture de ce camp à Cracovie-Plaszow, 1 100 prisonniers juifs qui avaient travaillé pour Schindler furent envoyés à Brünnlitz où ils purent survivre à la guerre.

(extrait du site du Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah, http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=202

 On estime qu’à la fin 1944 environ 200 000 détenus sont passés par Gross-Rosen. Dans leur immense majorité, ils sont  polonais et russes, les autres se répartissant en 24 nationalités différentes. La mortalité augmentant rapidement (toute évaluation de la mortalité est délicate faute de statistiques précises), le crématoire construit en 1941 est insuffisant. En 1943, les responsables nazis passent commande d’un nouvel ensemble à quatre chambres; en janvier 1945, les installations des crématoires II et III de Birkenau sont démontées et envoyées à Gross-Rosen

Quelques mois avant la fin de la guerre, des déportés transférés d’autres camps transitent par Gross-Rosen. Ce sont en particulier les détenus des camps de l’Est, comme Auschwitz, évacués face à l’avance de l’Armée rouge. La surpopulation entraîne la propagation d’une épidémie de typhus et, entre le 8 février et le 23 mars 1945, le camp doit être à son tour évacué vers les camps de Buchenwald, Flossenbürg, Dachau et surtout Dora et ses Kommandos. Par des températures pouvant atteindre 20 à 25 degrés au-dessous de zéro, plus de 30 000 détenus sont ainsi embarqués dans des trains découverts, des conditions entraînant une effroyable hécatombe. Seuls les malades sélectionnés dès le 6 février restent sur place. Le 13 février 1945, les troupes soviétiques entrées dans le camp ne trouvent que quelques survivants.

Source FMD
L’évacuation de Gross-Rosen fut progressive. Dans les dix premiers jours de janvier, environ onze camps secondaires de la rive Est de l’Oder furent rapatriés au camp central puis évacués par rail vers le Reich. Les détenus des camps de basse Silésie furent envoyés vers les Sudètes et le protectorat de Bohème Moravie en marche de la mort.

Il est difficile de disposer de données fiables sur le nombre total de victimes du camp de Gross-Rosen. Le chiffre global de 40 à 45 000 pour la période 1941-1945 semble approcher la réalité.

Aujourd’hui un mémorial évoque la souffrance de ceux qui ne sont plus.

Sauf mention contraire, les photos sont extraites du site du Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah https://www.cercleshoah.org/

http://memorial-wlc.recette.lbn.fr/article.php?lang=fr&ModuleId=202

Source du Texte: Fondation pour la Mémoire de la Déportation , FMD

mémoire vivante numéro 46

Rencontre avec NIKOLAUS WACHSMANN autour de son livre : « KL. UNE HISTOIRE DES CAMPS DE CONCENTRATION NAZIS »

Le Rectorat de l’Académie de Paris et l’Union des Associations de mémoire des Camps nazis vous invitent

Le lundi 2 mars 2020 à 14.00 dans le Grand Salon de La Sorbonne, 47 rue des Ecoles 75005 Paris

A une rencontre avec l’historien

NIKOLAUS WACHSMANN

Professeur d’histoire contemporaine à Birkbeck College, Université de Londres

Source du contenu éditorial: Geoffrey Swaine/​Shutterstock

Autour de son livre

« KL. UNE HISTOIRE DES CAMPS DE CONCENTRATION NAZIS »

Gallimard, 2017

Ce livre s’attache à montrer l’extrême diversité des camps nazis et des situations selon les lieux, les dates, l’évolution de la guerre économique et de la « guerre totale », et le personnel des camps.

En un mot, cet ouvrage met en évidence ce que sont le processus génocidaire et le système concentrationnaire dans leur totalité qui ont érigé la violence et la déshumanisation en système d’état.

Renseignements et inscription auprès de l’Association française Buchenwald Dora

contact@buchenwald-dora.fr ou 01 43 62 62 04