Le Bunker “Valentin”, lieu de mémoire et lieu de vie

L’amicale de Neuengamme nous a fait parvenir une information concernant une exposition de photos sur le “Bunker Valentin”,  inaugurée par le président du Parlement de Brême, M Frank Imhoff.

Cette exposition est ouverte au public et devrait voyager à travers l’Europe. Voici une présentation en avant-première.

L’auteur, Christophe Delory, est un photographe français, portraitiste, qui travaille en France et en Europe.

Photo du blog de Christophe Delory, onglet “about”

Quelques mots extraits de son blog décrivent le moteur de sa passion pour la photographie : “…montrer la profondeur et la beauté de l’âme humaine… Nous sommes tous différents … mais, au plus profond de nous sommes tous connectés… Cette collection de portraits veut refléter le côté mystique de la vie” (extrait de la biographie de Christophe Delory traduite depuis son site, (onglet “about”)

Pour mieux comprendre l’exposition et les photos présentées, voici un rappel historique concernant le Bunker “Valentin” devenu un lieu de réflexion (Denkort-Bunker Valentin)

Cet abri, situé au bord de la Weser dans la banlieue de Brême, était destiné au montage des “U-Boot” –sous-marins- allemands. Le chantier a duré de 1943 à mars 1945, date à laquelle il a été bombardé par les alliés alors que 90% de l’abri étaient terminés et que la production de sous-marins était prévue à court terme. Il n’a donc jamais été terminé.

Le bunker mesure  plus de 420m de long et presque 100 de large, avec des murs de 4,5 m d’épaisseur. Photo aérienne de 2012
Crédits photographiques ICI

Le Mémorial du camp de concentration de Neuengamme  KZ-Gedenkstätte Neuengamme (ICI) nous apprend que, “d’octobre 1943 au 10 avril 1945, il y avait un sous-camp à Brême-Farge dans lequel jusqu’à 3 000 détenus du camp de concentration de Neuengamme et 7 000 travailleurs forcés étrangers, prisonniers de guerre et détenus d’un «camp d’éducation par le travail» ont construit un bunker sous-marin. Les prisonniers du camp de concentration étaient hébergés dans un bunker souterrain“.

Sur cette même page du Mémorial,  on peut “cliquer” sur les pictogrammes ; une vidéo de 1944 évoque le chantier de la construction du bunker.

Le dépliant (en français) ICI permet de mieux comprendre l’importance de ce chantier. Dix mille travailleurs forcés, originaires de toute l’Europe, furent contraints d’y travailler : ” prisonniers de guerre soviétiques, internés militaires italiens, détenus concentrationnaires et prisonniers d’un camp dit de rééducation par le travail supervisé par la Gestapo de Brême…. Le nombre des victimes du chantier de construction est estimé à environ 1600″.

Le bunker “Valentin” vu par le photographe : un lieu de mémoire et un lieu de vie

Une première approche de la vision de Christophe Delory est donnée à travers la présentation de l’exposition inaugurée à Brême. Vous pouvez  accéder à la vidéo (bilingue)  en cliquant sur ce lien ICI

Pour aller plus loin dans la perception du bunker par le photographe, on peut se reporter à son blog qui détaille l’exposition en quatre chapitres (onglet BkV)

Quelques extraits:

Ce projet a pour but de découvrir les personnes vivant ou travaillant à proximité d’une tragédie historique et de lutter contre l’oubli et l’ignorance….…mon travail ne donnera aucun jugement, le but est de lutter contre l’ignorance.

J’ai divisé ce projet photographique en quatre chapitres: les deux premiers chapitres «Restes physiques de l’histoire» et «Restes spectraux» traitent de l’ignorance en temps de guerre; Les deux derniers chapitres “Comment vivre avec 500 000 m3 de béton” et “Ignorance” traitent de l’ignorance présente.

Chapitre 1 Restes physiques de l’histoire. Ce sont des photographies d’architecture

Chapitre 2  Restes spectraux Ici, la photographie abstraite représente des vues rapprochées des murs en tant que témoins des travailleurs forcés. …La forme du mur est basique mais les couleurs et les contrastes parlent du passé.

Chapitre 3 Comment vivre avec 500 000 m3 de béton  Ce sont des portraits et interviews vidéos des voisins et des personnes qui travaillent au Denkort… Je m’ intéresse là à leur vie quotidienne, leur présent.

Chapitre 4 Ignorance Quand le soleil brille, certaines personnes viennent se baigner, pique-niquer et prendre du bon temps…

La conclusion de dernier chapitre est, à elle seule, un condensé de l’exposition et de ce qu’a voulu exprimer le photographe, Christophe Delory J’ai décidé de faire ce chapitre, comme témoin de ces chocs entre histoire, douleur, honte et ignorance, bonheur et orgueil

Page 1 de l’exposition à découvrit sur le blog de Christophe Delory ICI onglet BkV