Mauthausen, un complexe concentrationnaire

La situation et le site du camp de Mauthausen

Le camp de Mauthausen dans l’ensemble des camps de concentration, d’extermination et des centres d’euthanasie Crédits AM

Les frontières sont celles de 1937, sauf pour la Pologne où est indiquée la frontière résultant du partage de 1939 entre l’Allemagne et l’URSS. Le territoire polonais correspond donc à un territoire annexé par l’Allemagne et au territoire du General-gouvernement (jusqu’en 1941). Source AM

A 25 km en aval de Linz, sur la rive gauche du Danube, en Haute-Autriche, à la confluence de l’Enns et du Danube (ce carrefour fluvial puis ferroviaire lui a donné son nom, « Mauthausen », octroi), au sommet d’une colline dont les falaises surplombent d’une centaine de mètres la carrière de Wiener Graben : tel est le site du camp de Mauthausen.

La carrière de Wiener Graben Crédits 3eme M

La construction du camp, classé « catégorie III », soit des conditions de détention d’une extrême sévérité, parmi les plus dures du système concentrationnaire nazi.

Les 186 marches de « l’escalier de la mort » Crédits:Mémorial

Cette construction est symbolisée par les 186 marches inégales et souvent trop hautes que les détenus, épuisés, doivent remonter de la carrière avec de lourdes pierres sur le dos, comme un « tapis roulant humain », accompagnés de coups de la part des gardes.

Ces 186 marches sont aussi le théâtre de crimes odieux. En 1941 et 1942, les Juifs hollandais, en particulier, ont été poussés à la mort au-dessus de la falaise par les SS et les kapos, ce que les documents officiels enregistrent comme « suicide en sautant », mais que les SS appelaient « parachutistes » (voir paragraphes sur les crimes nazis ci-dessous) source Mémorial 

Prisonniers transportant des pierres sur les « escaliers de la mort », photo SS, entre 1942 et 1944 (crédits photo: NIOD, Amsterdam) Crédits :Mémorial
En complément, voir aussi les informations données par la carte interactive du mémorial en cliquant sur le point n° 4 et le témoignage de Jean Laffitte : « … de son vrai nom Wiener Graben… Des falaises en arc de cercle, hautes de 30 mètres et plus, tranchées à vif… Chaque matin, 1 500 hommes, deux mille, plus ou moins selon les époques, descendaient là. Marchant au pas comme des automates… » (Témoignage complet sur le site du 3ème Monument)

Première implantation concentrationnaire en dehors des frontières (mais non la dernière), créée après l’Anschluss- rattachement de l’Autriche au Reich- Mauthausen concrétise la mise au pas de la société et du pays et, dans les camps, l’élaboration d’un enfer où tout est pensé et organisé pour la mise à mort ou l’exploitation des hommes jusqu’à la mort.

En dehors de ces considérations politiques, le choix est aussi économique avec la présence des carrières de Wiener Graben et de Gusen, des sites intéressants pour les grands travaux d’urbanisme dont Vienne (à proximité, d’où le nom de Wiener Graben) ne profitera même pas.

Décidée à la fin du mois de mai 1938, et dès la signature du bail avec la municipalité de Vienne, propriétaire des carrières et leur exploitation confiée à l’entreprise SS de la Deutsche-Erd-und Steinwerke T, les travaux de construction du camp de Mauthausen peuvent commencer.

D’abord camp annexe de celui de Dachau, il est indépendant en octobre, date des 1ères immatriculations, le 18 de ce mois. L’ampleur et la diversité des travaux prévus sont telles que le camp sera un chantier perpétuel jusqu’en 1944.

Ce plan interactif  (ICI) du Mémorial de Mauthausen permet de voir les principaux sites du complexe. Les points rouges comportent des numéros : chacun fournit une explication, une photo et, le cas échéant, un témoignage.

A la fin de sa construction, le camp de Mauthausen comprendra : le camp principal derrière sa muraille de pierres, deux camps satellites (le camp sanitaire destiné à regrouper des détenus inaptes au travail mais qui devient vite un mouroir avant des assassinats, et le camp des tentes, destiné à héberger des Juifs hongrois), le domaine des SS avec des ateliers et des entrepôts, un chenil, un domaine agricole, des casernements, un terrain de sport et des villas pour les officiers.

Le mur d’enceinte en granit et le porche avec ses tours de gardes donne au camp une allure générale de forteresse médiévale, une de ses caractéristiques, source MV Crédits MV, FMD
La guérite du camp était la seule entrée du camp de prisonniers. Par conséquent, elle était strictement gardée et contrôlée. Les détenus nouvellement arrivés sont entrés dans le camp de prisonniers pour la première fois par cette porte ( point n° 7 sur le plan interactif )
BMI / Fotoarchiv der KZ-Gedenkstätte Mauthausen / Foto: Stephan Matyus Crédits:Mémorial
Un point central du camp: la « zone d’appel » avec les casernes environnantes  n° 1,6 et 11 source mémorial (Burghauptmannschaft Österreich, Vienne)  Crédits :Mémorial.
Les casernes 6 et 11 ont été conçues pour accueillir 300 prisonniers. Certaines casernes abritaient jusqu’à 2 000 prisonniers En complément, voir le point n° 8 sur le plan interactif

Le camp de Gusen En décembre 1939, la construction d’un 2ème camp, Gusen, commence, à 4 kilomètres de Mauthausen, lui aussi situé près de carrières (voir la situation de Gusen sur la carte ci-dessous).

Il dépend de Mauthausen, mais dispose, dès mai 1940, d’une autonomie administrative et de sa propre immatriculation. Gusen II est officiellement ouvert en mars 1944 et Gusen III en décembre 1944.

Le  » Jourhaus » est le corps de garde près de l’entrée du camp
Source bulletin de l’amicale N° 360 Crédits AM 

Les carrières de Gusen sont exploitées comme celles de Mauthausen. Mais, après 1943, il faut augmenter la production d’armes nouvelles et de moteurs d’avions et trouver aussi des sites à l’épreuve des bombardements alliés. C’est pourquoi, après 1944, les détenus construisent des tunnels souterrains dans des conditions catastrophiques : au moins 8 600 d’entre eux trouvent la mort dans le camp de Gusen II (créé pour loger les détenus qui travaillent à ces nouveaux sites) en raison des conditions de vie et de travail. Gusen connaît un régime de terreur qui conduit à un taux de mortalité encore plus élevé qu’à Mauthausen.

C’est là que se trouve, en particulier, l’usine Bergkristall, constituée de 19 galeries principales reliées par des galeries secondaires. Mais aucun des 987 avions assemblés dans le cadre du projet B8 de fabrication du Messerschmitt Me 262 ne sera engagé dans la guerre aérienne avant la défaite du Reich. A la fin de l’année 1944, environ 11 000 détenus travaillent dans les usines souterraines et 6 500 à l’extension des complexes. Voir le plan sur le site du Mémorial  ICI

Conçu pour 6 000 détenus, le camp de Gusen I dépassera les 20 000 au printemps 1945 (plus de 11 400 d’entre eux à Gusen I, dont plus de 2 200 Français, plus de 12 500 d’entre eux à Gusen II (St-Georgen), dont plus de 600 Français et plus de 320 à Gusen III (Lungitz) qui a fonctionné de décembre 1944 au 5 mai 1945). Plus de 70 000 personnes ont été déportées à Gusen, plus de la moitié n’a pas survécu (Source Mémorial de Gusen).

Les camps annexes et Kommandos : leur localisation en Autriche

Carte des kommandos en Autriche, rattachés au camp central de Mauthausen Crédits AM .
On dénombre près d’une soixantaine de kommandos. Les plus importants, en nombre de déportés, sont soulignés en bleu; ils compteront plus de 10 000 détenus.
Le site de l’amicale donne aussi la répartition des détenus par nationalité et leur nombre dans le camp et ses kommandos par année ICI.

Jusqu’en 1942, l’essentiel des détenus est mobilisé pour la construction des camps de Mauthausen et Gusen dans les carrières de granit et pour les services des camps.

Avec la production d’armes nouvelles, l’amplification de l’effort de guerre et l’accroissement des effectifs de détenus, après 1943 et surtout 1944, de nouveaux Kommandos sont créés. Après 1943, les détenus sont surtout affectés à la construction de sites de production souterrains. Le camp de Gusen et d’autres camps sont agrandis et les camps annexes d’Ebensee et Melk naissent à cette époque (fin avril 1944 pour ce dernier qui a vu passer plus de 14 000 déportés parmi lesquels plus de 4 800 périssent, dont 663 Français).

Ebensee, à 100 km au sud de Mauthausen, ne fonctionne que 18 mois (il est créé en novembre 1943) mais il détient le record de pertes humaines (près de 10 000 sur les 27 000 envoyés depuis le complexe central). Prévu pour 6 à 7 000 détenus, il est surpeuplé à partir de janvier 1945 avec les transports d’évacuation (une partie des détenus du camp de Melk et les 1 500 du Kommando de Redl Ziph situé à 30 km) : Ebensee atteint alors presque 18 500 prisonniers. Les sévices des gardiens, ajoutés aux cadences de travail pour la fabrication d’essence synthétique et la construction d’armes secrètes liées au programme V2 sont épuisants. Environ 4 500 personnes perdent la vie au mois d’avril 1945.

 Les troupes américaines libèrent le camp le 6 mai 1945 (c’est le dernier à être libéré), mais des centaines de détenus mourront les semaines suivantes des suites de leurs conditions de détention (voir ci-dessous). Source : Mémorial d’Ebensee

Melk fonctionne un an, d’avril 1944 à avril 1945. Plus de 10 000 détenus, dont plus de 1 660 Français sont affectés au creusement d’une usine souterraine de roulements à billes (c’est le projet Quartz). Le camp est bombardé le 8 juillet par les Alliés causant la mort de plus de 200 détenus. Melk est évacué les 15 et 20 avril, une partie vers le camp central à 80 km, à pied, en péniches, en train, une autre vers Ebensee à 180 km et, pour les Juifs hongrois, vers le camp de Gunskirchen (créé en mars 1945, il sert de délestage du camp central pour les détenus juifs) dans des marches de la mort meurtrières.

En cliquant sur la carte interactive du Mémorial (ICI) les camps annexes et Kommandos, souvent situés à proximité des centres industriels, dans la banlieue de Vienne et à Linz en particulier, apparaissent avec leurs principales informations.

Le camp principal de Mauthausen exerça ainsi, après la seconde moitié de la guerre, la fonction de centre administratif à partir duquel les détenus étaient répartis dans les camps annexes.

En mars 1945, environ 65 000 des 90 000 détenus du système concentrationnaire de Mauthausen-Gusen se trouvaient dans les camps annexes.

Les informations ci-dessus sont, pour la plupart, fournies par l’Amicale de Mauthausen et Mémoire Vivante (FMD).

Les détenus

Entre 1940 et 1943, les effectifs des deux camps, Mauthausen et Gusen, augmentent, passant de 3 à 15 000 détenus, composés essentiellement, au début, de droits communs puis de détenus  » politiques » originaires surtout d’Europe centrale et orientale.

Avec l’augmentation des mouvements de résistance en Europe occupée, donc des mesures répressives, arrivent des déportés d’Europe de l’Ouest dont des Français en 1943 (surtout en 1944, convois des 25 mars et 8 avril), des Italiens (14 convois entre février 1944 et 1945) et, après mai 1944, 10 000 Juifs transférés d’Auschwitz et de ses annexes, en même temps que la production de guerre demande de plus en plus de main d’œuvre.

Après janvier 1945, les nouveaux arrivants viennent des évacuations de l’est, de Sachsenhausen et de Ravensbrück. Un groupe important de Juifs hongrois (15 000 sur 30 à 50 000) atteint Mauthausen en avril 1945 après une marche forcée ponctuée d’exactions et de massacres, mais toujours dans le but de participer aux travaux d’enfouissement des usines d’armement. Ils seront placés dans le  » camp des tentes » (Renseignements complémentaires sur le plan interactif au n° 13).

Les femmes à Mauthausen

On estime qu’environ 10 000 femmes sont passées par Mauthausen (environ 3 000 y sont officiellement enregistrées) à partir d’avril 1942. Le  » camp de concentration des femmes de Mauthausen » est officiellement créé en septembre 1944, ce qui permet d’exploiter leur travail pour les industries de guerre. Elles sont logées dans le camp de prisonniers, le camp d’infirmerie et dans une caserne de la société  » Wiener Graben », avec pour tout équipement quelques bottes de foin. (Voir le plan interactif au n° 17)

Celles arrivées par les convois d’évacuation, après janvier 1945, n’ont pas été enregistrées. Parmi elles, 2 100 femmes arrivent de Ravensbrück le 7 mars 1945, dont 900 Françaises. L’amicale de Mauthausen donne les chiffres de 571 Françaises en provenance du camp de Ravensbrück parties pour Mauthausen, mais 99 d’entre elles ne reverront pas la France.

Voir ICI  le témoignage de Marie-Jo Chombart de Lauwe arrivée à Mauthausen avec le groupe des Françaises du 7 mars).

Mauthausen, » théâtre d’innombrables actes sanglants commis en toute impunité et à l’abri des regards indiscrets »(MV n° 37 FMD).

Les assassinats perpétués par les nazis sont connus malgré leur langage codé, mais décrypté ; ainsi, le traitement 14 F 13 est un des codes utilisés pour éliminer les détenus malades, invalides et donc incapables de travailler. Pour présenter leurs statistiques de décès les SS ont imaginé un code qui commence par 14 F : une mort naturelle 14 F 1, un suicide 14 F 2, abattu pour tentative d’évasion 14 F 3, assassinat de détenus trop faibles 14 F 13 (note bas de page du N° 33, page 7, de Mémoire Vivante, à propos de la numérotation des « expériences médicales »).

A Mauthausen et Gusen, le traitement spécial « 14 F 13 » est l’envoi des détenus à l’Institut psychiatrique et d’euthanasie de Hartheim, équipé d’une chambre à gaz, sous prétexte « d’envoi au centre de convalescence« .

Ce château de Hartheim, ici en 1905, de style Renaissance, appartenait à une communauté religieuse qui l’avait transformé en institution pour handicapés et que les nazis ont confisqué après l’Anschluss. Il est devenu un centre d’euthanasie par le gaz de 1940 à 1944. Crédits 3eme M

Hartheim est un triste exemple des crimes commis par les nazis en application de leur idéologie raciale et du peuple  » génétiquement pur » : entre 1940 et 1944, environ 30 000 personnes souffrant de handicaps physiques, mentaux et de maladies mentales,  » indignes de vivre » y sont assassinées, auxquels s’ajoutent 5 000 détenus de Mauthausen, Gusen et Dachau (dont plus de 420 Français).

Liste de convois partis de Gusen à Hartheim (prétendument  » Sanatorium pour détenus… à Dachau »). La campagne nazie d’euthanasie appelée « T4 » doit ce surnom au siège de l’organisation établie à Berlin, à Tiergartenstrasse 4. Crédits 3eme M

En plus des dirigeants  » médicaux » et administratifs, environ 60 à 70 personnes étaient employées dans le centre, dont les employés chargés d’établir les (faux) dossiers, de délivrer les « certificats »de décès. Tous ne sont pas restés silencieux. Le site (ICI) évoque les cas d’infirmiers qui ont dénoncé ces crimes, sont entrés dans la résistance, au prix de leur vie (exemples de Léopod Hilgarth et Ignaz Shuhmann exécutés à Vienne le 9 janvier 1945). Depuis 2003, le château de Hartheim est devenu un centre mémoriel.

Lorsque le centre de Hartheim est inactif, d’autres opérations de mises à mort  » spécialisées »et d’assassinats collectifs sont utilisées : gazage à Mauthausen (231 Soviétiques et 261 Tchèques, dont au moins 130 femmes et enfants) ‒ une chambre à gaz est mise en service à Mauthausen en mars 1942 ‒, à Gusen (190 prisonniers soviétiques en 1942 et en avril 1945 des malades), utilisation de camions à gaz sur le parcours Gusen-Mauthausen, douches glacées en pleine nuit données à des malades (surtout des Juifs, des Soviétiques, des Polonais, Tchèques et Espagnols).

A ces assassinats s’ajoute le bilan des décès dus à des expériences médicales, comme dans tous les camps.  » Mémoire Vivante » estime le nombre de décès provoqués par ces expériences à environ 20% du total des décès. Voir aussi le site du Mémorial.

Résistance et révoltes

Résister ? Comment ? Saboter les unités de production, en particulier celles d’armement, freiner le rendement par des  » procédés indécelables » face à des surveillants incompétents n’affectent pas beaucoup le volume global de production (source Mémoire Vivante), mais correspondent à l’esprit de résistance qui animait la majorité des détenus avant leur arrestation. L’entraide et la solidarité entre détenus sont fondamentales : vivre et garder son humanité face à la déshumanisation nazie, c’est déjà résister.

Une résistance clandestine est née à Mauthausen, mais elle est difficile à mettre en place car c’est synonyme de risquer de perdre sa vie et celle des camarades qu’on veut aider. Cependant, la résistance commence en 1943 autour de communistes autrichiens, tchèques et espagnols. Des comités nationaux se créent au printemps 1944, avec l’objectif principal de briser l’isolement des détenus, puis ils se réunissent en comité international.

L’entraide internationale est réelle, même si elle reste ponctuelle : solidarité, sabotage, sauvetage des détenus les plus exposés, dont les grands malades et les invalides que les nazis veulent éliminer parce que témoins de la réalité des opérations de gazage et preuve de la barbarie du système.

Les divisions internes entre détenus de sensibilités politiques différentes et les difficultés des conditions de détention retardent la création d’une organisation de résistance clandestine internationale capable d’agir et d’affronter les gardiens. Mais l’arrivée des convois d’évacuation d’autres camps, les menaces d’extermination générale finale et les risques de panique collective et d’actes de désespoir individuels obligent les membres des différents groupes à se structurer (Renseignements complémentaires sur le plan interactif au n°19, « Camp II »).

C’est la naissance de l’Appareil Militaire International (AMI) en avril 1945 sous commandement hispano-soviétique. Il est articulé en groupes d’autodéfense et recueille des armes dissimulées dans le secret total. Mais ses membres n’entrent pas en action, sinon ponctuellement, au moment du départ des SS et de l’arrivée des premiers éléments de l’armée américaine (voir ci-dessous).

Les rares révoltes observées furent le fait de détenus non contrôlés par les organisations clandestines.

Celle des Russes du block 20, le « bloc de la mort « , est une des plus connues (Renseignement sur ces prisonniers du block 20 sur le site du Mémorial et au n° 18 du  plan interactif). Un premier soulèvement prévu dans la nuit du 28 au 29 janvier 1945 n’a pas eu lieu mais a coûté la vie à 17 officiers dénoncés. Un autre a lieu dans la nuit du 1er au 2 février. Il y a 419 évasions, mais cela se solde par une « chasse à l’homme » qui aboutira à sauver une douzaine de survivants cachés jusqu’à la fin de la guerre par des agriculteurs qui ne se sont pas joints à cette poursuite. Cette opération, dite  » Mühlviertel Hare Hunt » ‒ chasse aux lièvres à Mühlviertel ‒ est relatée sur le site du Mémorial (ICI)

Le bloc 20, le 2 février Crédits :Mémorial

La révolte des femmes du Block 18, spontanée, exécutée sans lien avec les organisations clandestines du camp, a, malgré tout, eu des effets positifs pour les femmes arrivées à Mauthausen début mars 1945.

Un Kommando de femmes du block 18 arrivées de Ravensbrück en mars 1945 est chargé de déblayer la gare de triage de Amstetten, située à 40 km du camp, sur la ligne Vienne-Munich, bombardée par les Américains (voir sa situation sur la carte des kommandos ci-dessus). A la relève, les détenues apprenant que l’équipe précédente a été victime des bombardements (plus d’une centaine de femmes aurait été victimes de ce bombardement (dont 12 Françaises, source 3éme Monument Mauthausen), refusent catégoriquement de partir, comme l’explique une délégation conduite par une Belge et une Française. Sous la menace, et par crainte des représailles sur leurs camarades prises en otages, les détenues se mettent en route, mais le lendemain, les SS renoncent à les envoyer à Amstetten, pour deux raisons, d’après le témoignage de Gisèle Guillemot, Mle 1811 ICI et de M Jo Chombart de Lauwe ICI

 » Notre travail était inefficace (nous étions épuisées et c’était trop lourd pour nous) et les civils autrichiens commençaient à nous apporter quelque linge et cela faisait très mauvais effet « , ce à quoi « Mémoire Vivante  » ajoute aussi l’hypothèse que ces femmes ont bien compris « la fragilité du Commandant, conscient de la défaite inéluctable du Reich et de son propre échec » alors que, quelques mois plus tôt, ce refus d’obéissance aurait débouché sur un massacre. A partir de ce moment-là, les femmes ne partent plus en Kommandos et sont employées à des tâches quotidiennes » (Source 3éme Monument Mauthausen).  

Libération : le camp de Mauthausen est le dernier des camps nazis libérés

La situation de Mauthausen, entre les lignes avant américaines et soviétiques, en fait un enjeu dans la délimitation des zones d’action des deux armées, occidentales et soviétiques (et plus tard, zones d’occupation) Crédits FMD

Pour rappel, Vienne est aux mains de l’armée soviétique depuis le 13 avril, et cette dernière a occupé le Reichstag le 30 avril ; le 1er mai, l’amiral Doenitz succède à Hitler et, le 5 mai, des unités de la 3ème armée américaine libèrent Pilsen en Tchécoslovaquie. Le général Patton qui voulait aller jusqu’à Berlin pour arriver avant les Soviétiques a reçu l’ordre d’arrêter son avance. Linz est occupée le 5 mai ainsi que la bourgade de Mauthausen (voir ces sites sur la carte des camps et kommandos ci-dessus).

Face à l’avancée des troupes alliées, à la fin du mois d’avril 1945, les SS commencent à détruire les traces de leurs crimes. Ils font démanteler les installations de massacre, ordonnent que les documents incriminants soient brûlés et les prisonniers assassinés car, témoins de massacres, ils peuvent témoigner contre leurs auteurs. Ainsi, le 21 avril, 890 malades et inaptes au travail sont gazés à Gusen I et le lendemain, 600 sont battus à mort à Gusen II.

En cas d’approche des armées alliées, les SS ont comme consigne de Himmler d’enfermer les détenus dans les galeries souterraines et de tout faire sauter. Alertées, les organisations clandestines veillent (voir ci-dessous) et s’organisent pour un ultime affrontement avec leurs gardiens. Le 28 avril, prétextant une alerte souterraine, les 20 000 survivants sont emmenés dans les tunnels, mais quelques heures après, tous ressortent : la consigne n’a pas été mise à exécution. Le plan allemand a échoué, sans que l’on connaisse véritablement la raison (destruction des câbles de détonation par les prisonniers ?).

Sur les quelques 2 400 Français déportés à Gusen, au moins 1 000 ont perdu la vie, 500 ont pu être libérés en avril par la Croix-Rouge (Dès la fin du mois d’avril, des convois de la Croix-Rouge ont obtenu l’évacuation de groupes de détenus, hommes et femmes, vers la Suisse, sept Françaises mourront dans les hôpitaux suisses). En complément, voir le document: Évacuation de Marie-Jo Chombart de Lauwe vers la Suisse.

Le 3 mai, les derniers SS fuient les camps de Mauthausen et de Gusen en laissant les prisonniers livrés à leur sort.

Les 20 000 détenus de Gusen (plus que dans le camp de Mauthausen à cette date) seront libérés le 5 mai 1945 par les troupes américaines, beaucoup dans un état physique catastrophique (voir ci-dessous) .

Ce même jour du 5 mai, une patrouille américaine de la 11ème division entre par hasard dans le camp par la cour des garages vers midi, sur indication d’un membre du Comité de la Croix-Rouge internationale.

L’arrivée des Américains à Mauthausen Crédits AM (photo extraite du site du CNRD)
Une automitrailleuse américaine en stationnement dans la cour des garages du camp de Mauthausen, 5 mai 1945. Cette première libération a été mise en image. Francisco Boix, qui a travaillé au service photographique du camp, a pris quelques photographies des libérateurs américains, salués par les détenus les plus entreprenants, tandis que d’autres les observent depuis le haut des murs. Les clichés de Francisco Boix sont identifiables par la zone trouble visible à gauche de l’image due à un défaut technique de son appareil. Source CNRD

Un flot humain ne tarde pas à envahir la place. Un drapeau blanc est hissé sur le bâtiment de la Kommandantur-SS, que les détenus occupent peu après.

La façade avant la libération. L’accès à la Kommandantur construite au cours de l’hiver 1941-1942 se faisait par une porte monumentale en pierre de taille, comme tout le bâtiment, surmontée d’un aigle impérial enserrant un médaillon à croix gammée, qui est donc encore présent sur cette photo. Crédits Résistances-Morbihan

Dans l’après midi, cet aigle à croix gammée dominant le porche d’entrée, est abattu par les détenus dont un des membres du comité de libération français, Pierre-Serge Choumoff : c’est la chute de ce symbole de la puissance nazie.

L’aigle du Reich au-dessus du portail de la cour des garages de Mauthausen est arraché par des détenus, le 5 mai 1945. ©Signal Corps, USHMM Crédits FMD. Cet
emplacement de l’aigle au dessus de la porte d’entrée se devine aussi sur le plan interactif (voir ci-dessus, au n° 24)

Le 7 mai un détachement militaire américain arrive à nouveau au camp central et un accueil triomphal est organisé.

Crédits :Mémorial
Scène recréée de la première entrée de soldats américains à Mauthausen, probablement le 7 mai 1945 (crédits photo : US National Archives and Records Administration)   
 

Melk est évacué par les SS entre le 11 et le 15 avril, à l’approche de l’armée soviétique. Les Français (ils occupaient des postes importants dans l’administration interne du camp car arrivés les premiers et en nombre important, en avril 1944) ont réussi à saboter l’explosion des galeries souterraines prévue par le commandant SS du camp Ludolf, après y avoir entassé les détenus. Ils ont été évacués jusqu’à Ebensee et Mauthausen en plusieurs groupes, en bateau, en train et à pied.

Ebensee est libéré le 6 mai avec les 16 000 détenus déjà sur place par les Américains.Voir le récit de la libération d’Ebensee, sur le site du IIIème Monument, avec la « mise en échec de Ganz » [un des trois chefs de camp SS qui, avec ses 2 collègues s’est distingué par une sévérité et une brutalité particulière, NDLR] à l’appel du matin du 5 mai.

Extraits de ce récit à propos de l’épisode  » extraordinaire et fameux » du 5 mai:

[Les déportés de l’organisation internationale du camp ont été avertis par un des vieux soldats de la Wehrmacht que Ganz et quelques hommes de main transportaient des explosifs et les disposaient à l’entrée des tunnels où étaient parqués les déportés pendant les alertes aériennes NDLR]

« A huit heures, tous les hommes sont rassemblés sur la place. Blême de rage, Ganz vient se placer devant nous. Il monte sur une table et s’apprête à faire une harangue. Deux SS, les mitraillettes braquées sont à ses côtés. Ganz annonce que lui et ses soldats ont décidé de se battre pour arrêter la marche des Américains. Il propose alors à tous les détenus de se rendre au tunnel numéro cinq pour se mettre à l’abri des bombardements qui vont suivre. Un même cri, lancé par dix mile poitrines lui répond: « Non ! »

C’était la première fois dans les anales des camps de concentration que la tourbe des forçats osait manifester sa volonté. Réflexe imprévu, audace inouïe… 

A 10 heures, ils ont brûlé tous les papiers et documents … a 11 heures, il n’y avait plus un seul SS dans Ebensee. Quelques échantillons vétustes de la Wehrmacht avaient pris leur place dans les miradors… « 

Libération d’ Ebensee .  Détenus libérés posant pour un photographe du Signal Corps, mai 1945 Crédits Canopé CNRD photo Lt Samuelson / coll. National Archives and Records Administration, Washington

Les Américains ont découvert une situation catastrophique.  » Nous avions vécu des expériences qui devaient nous marquer à tout jamais » ( voir le témoignage sur la libération de Mauthausen par un soldat américain,  site  « Canopé-CNRD » ci-dessous).

 Dans les deux camps de Mauthausen et Gusen, les armées alliées ont trouvé les corps de centaines de prisonniers qui étaient morts dans les jours précédant la libération. 

Comme dans d’autres camps libérés par les Alliés, la population locale est réquisitionnée pour ensevelir les centaines de cadavres laissés par les gardes SS morts dans des fosses provisoires.

Des milliers de déportés sont si faibles qu’ils meurent dans les semaines et les mois qui suivent leur libération. Plus de 3 000 ont été enterrés dans les « cimetières des camps » à côté des anciens camps de concentration.

Témoignages sur la libération du camp de Mauthausen

-Vidéo sur le site du Mémorial. Film privé du soldat américain Ray Buch du camp libéré, mai 1945. (US Holocaust Memorial Museum)

-Rapport d’un délégué du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Mauthausen CICR, 1947 site Canopé-CNRD

-Libération de Mauthausen vue par un soldat américain, le sergent S. Kosiek , texte traduit et publié par l’amicale de Mauthausen, site canopé-CNRD.

Extraits:  » De ma vie je n’avais vu autant de morts, gisant partout. J’ai vu des choses que je n’aurais jamais pu croire si je ne les avais vues de mes propres yeux. Je ne pensais pas que des êtres humains puissent traiter d’autres êtres humains pareillement. Devant les vivants, je me demandais ce qui avait pu les maintenir en vie. Ils n’avaient plus que la peau et les os« .

Après la libération, le Comité international et l’AMI ont joué un rôle déterminant dans le maintien de l’ordre dans le camp et la préparation des rapatriements qui s’échelonnent sur plusieurs semaines.

Le complexe de Mauthausen, un bilan catastrophique

Donner des nombres peut sembler bien « froid » alors que, derrière chaque chiffre, c’est une femme, un homme, une histoire, une famille, une humanité que les SS ont voulu supprimer en ne leur donnant qu’un  » matricule ».

 Les écarts entre les chiffres sont souvent importants selon les sources, et selon leurs dates de parution. Or, ce sont sur ces différences que les négationnistes et falsificateurs construisent leurs arguments. La Fondation pour la Mémoire de la Déportation, comme les Amicales, se fait un devoir de continuer les recherches et de publier régulièrement des mises à jour. Tout historien sait que les sources doivent être confrontées, analysées, vérifiées. Les documents utilisés pour donner des chiffres sont divers, souvent issus des archives des administrations SS des camps. Mauthausen est libéré quelques jours avant la fin de la guerre et ses archives ont été mieux préservées que celles d’autres camps, lesquelles, pour certains, n’existent plus.

 On sait que chaque détenu arrivant dans un camp est enregistré avant d’être orienté vers un Kommando ou autre camp secondaire selon différents critères qui répondent souvent aux demandes de l’économie de guerre. L’historienne Adeline Lee explique (thèse de 2014, » les Français au camp de Mauthausen ») comment les SS utilisaient des machines mécanographiques produites dans une filiale d’IBM. Le système était perfectionné, mais peut être trop, car en orientant des spécialistes, il leur permettait des sabotages plus difficiles à déceler pour des non spécialistes ! Cependant, avec la guerre, les désorganisations du pays et de l’administration du camp, la gestion devient compliquée et les erreurs s’accumulent, s’ajoutant aux précédentes (détenus arrivant dans le but d’être exécutés, décédés en cours de transport, Juifs en majorité hongrois arrivés en 1945..). A ces archives, s’ajoutent des documents très divers, certains sauvegardés par des déportés de différents pays et des témoignages des survivants, vérifiés, confrontés. Dans ces conditions, on comprend qu’exploiter des documents aussi divers nécessite un temps long et justifie l’emploi du terme « estimation » qui revient souvent, car il s’agit du résultat de l’état des recherches et des publications à un instant  » T ».

L’amicale de Mauthausen estime à plus de 198 000 le nombre total des déportés et à 118 000 le nombre des morts dont plus de 1 400 femmes.

9 394 Françaises et Français ont été déportés à Mauthausen, les hommes à partir de 1942, les femmes à partir de mars 1945, transférées d’autres camps. Le nombre des décédés et disparus s’établit à 4 778.

Des 588 Françaises déportées à Mauthausen, y compris les 65 transférées de Bergen-Belsen le 17 mars 1945, 91 sont décédées, dont 34 à Mauthausen.

Source Amicale de Mauthausen. (Rappel, son site donne aussi la répartition des détenus par nationalité et leur nombre dans le camp et ses Kommandos par année).

La mortalité a été particulièrement effroyable au cours des quatre derniers mois précédant la libération avec un maximum en avril (40 000 décès de janvier à avril), sous l’effet combiné d’un hiver particulièrement rigoureux, de la surpopulation due à l’arrivée des détenus transférés des autres camps, de la pénurie croissante de nourriture et, de façon générale, de l’aggravation des conditions de vie, le tout multiplié par l’incohérence du système concentrationnaire et du Reich avant leur effondrement. Ces différentes causes aboutissent à  ce qui est souvent qualifié de « folie irrationnelle » , un terme impropre car, pris à la lettre, il conduirait à  dédouaner leurs auteurs en les rendant irresponsables de ce qui est, en réalité, un système pensé et organisé avec méthode pour exterminer d’autres humains.

Après la libération

Une « équipe d’enquête sur les crimes de guerre » est arrivée à Mauthausen avec les troupes américaines. Des preuves de crimes de guerre SS ‒ y compris des documents SS clés, que les prisonniers avaient sauvés de la destruction en mettant en danger leur propre vie – ont été recueillis, ce qui a permis de jeter les bases de la poursuite judiciaire des auteurs.

Le serment de Mauthausen

Le 16 mai 1945, les prisonniers soviétiques font leurs adieux à leurs camarades lors d’une cérémonie dans la zone d’appel. Les membres du comité international des prisonniers lisent le  » serment de Mauthausen », dans lequel ils appellent à l’établissement d’un « monde d’hommes libres« .

Le serment du comité international des prisonniers, mai 1945  Crédits :Mémorial  

Ce jour du 16 mai 1945, Émile Valley, responsable français du Comité international de Mauthausen, monte à la tribune dressée sur la place d’appel et lit le « Serment de Mauthausen » devant les détenus libérés : un appel à la solidarité internationale.

Émile Valley lit le serment à ses camarades déportés coll. FNDIRP
Le texte du serment est sur le site de l’amicale ICI Crédits AM

L’amicale a re-publié le serment en supplément de son bulletin n° 26, pour le VIIème anniversaire de la libération du camp au  » moment où la paix et la liberté sont à nouveau menacées, où la haine divise plus que jamais les peuples… [un serment] que firent les 20 000 déportés rassemblés devant les crématoires et par lequel ils jurèrent de rester fidèles à l’idéal de justice, de paix et de liberté pour lequel tant de leurs camarades étaient morts ».

Serment édité en supplément du bulletin n° 26, Crédits AM

Les cérémonies prévues pour le 75ème anniversaire… annulées, mais le bulletin n° 360 de juillet 2020 titre en même temps : «  Nous reviendrons à Mauthausen ! « 

Comme pour toutes les associations mémorielles,  » le calendrier de l’Amicale était focalisé sur le 75e anniversaire de la libération des camps… mais pour la première fois… les sites autrichiens sont restés déserts… Cependant, passer de 75 à 76 n’est pas un souci, puisque l’oubli n’est pas la cause de notre défaillance… « . (Extraits de l’éditorial de Daniel Simon, Président de l’amicale de Mauthausen, bulletin n° 360).

Des cérémonies, sans public, ont été organisées sur place à Mauthausen.

L’ambassadeur d’Allemagne en Autriche, Ralf Beste, et l’ambassadeur de France, François Saint-Paul, ont fleuri ensemble le monument français et le cénotaphe situé au milieu de la place d’appel. Photo bulletin 360 Ambassade de France en Autriche Crédits AM
Dépôt de gerbes à Gusen,  bulletin 360 source comité Gusen Crédits AM 
A l’occasion du 75ème anniversaire de la libération des camps, la république d’Autriche a édité un timbre, bulletin 360 de juillet 2020

Toutes les photos postées pour évoquer les cérémonies du 75ème anniversaire de la libération du camp de Mauthausen sont extraites du Bulletin de l’Amicale Juillet 2020 N° 360 Crédits AM

Une des sources principales qui a servi à la rédaction de cette note est celle du « IIIème monument ». Pourquoi ce terme ?

Après le premier monument, le monument français de Mauthausen construit en Autriche en 1946 sur une des terrasses où se trouvait le cantonnement SS, après le deuxième monument, celui du Père Lachaise à Paris, construit en 1958, l’Amicale a achevé le Troisième Monument, un monument immatériel de 9 500 fiches individuelles des Françaises et Français déportés à Mauthausen, complété par de nombreux articles sur les convois et Kommandos, un monument appelé à s’enrichir des recherches continuelles des historiens.

Logo du Troisième Monument

Les sources utilisées sont essentiellement :

Le Mémorial de Mauthausen (noté « Mémorial » sur les documents) et, en particulier le plan interactif

La carte des camps et Kommandos

Le « Troisième Monument » (noté « 3eme M » sur les documents)

L’amicale de Mauthausen (noté « AM » sur les documents) qui a ouvert largement ses archives, sa photothèque… et donné des réponses à des interrogations !

La Fondation pour la Mémoire de la déportation (noté « FMD » sur les documents) et, en particulier, le numéro 37 de sa revue « Mémoire Vivante »(noté MV, FMD) sur les documents), réalisé en commun avec l’amicale de Mauthausen.

Dessin de M Garcia pour la Section des Déportés, Internés, Résistants, Patriotes de Drancy- déposé au musée de Champigny. ( photo du blog)
Merci à toutes celles et ceux qui ont aidé à la préparation de ces notes sur la fin du système concentrationnaire nazi et le 75ème anniversaire de la libération des déporté(e)s. Un merci particulier à la relectrice assidue des notes avant publication !