Hommage aux femmes dans la Résistance et la Déportation

Le Comité de soutien pour la sauvegarde du fort de Romainville a pour objectif de contribuer à prendre les mesures nécessaires pour la création d’un Musée de la Déportation et de la Résistance dédié aux femmes qui aurait toute sa place dans l’enceinte du Fort de Romainville.

Aujourd’hui il n’existe, aucun Centre d’Histoire, ni même de lieu Mémoriel, dédié au rôle irremplaçable des femmes dans la Résistance et la Déportation, en France et en Europe.

Logo du Comité de Soutien du Fort de Romainville

Le camp du Fort de Romainville, premier camp allemand en France, est un haut lieu de la Déportation et de la Résistance, en lien avec le camp de Royallieu à Compiègne. Toutefois, l’histoire du Fort de Romainville sous l’Occupation est aujourd’hui largement oblitérée.

Rappelons qu’une majorité d’internés dans le camp furent des femmes et que près de 40% de femmes déportées dans le cadre de la politique de répression, partirent du fort. Ce qui donne tout son sens à la création d’un /musée dédié aux femmes dans la Résistance et la Déportation, dans l’enceinte du fort.

Dans cette période particulière de confinement puis de dé-confinement et en cette année du 75e anniversaire de la Libération des camps nazis et de la victoire sur le nazisme, nous avons tenu à réaffirmer notre engagement pour ce projet de Mémorial, en déposant des roses devant des plaques à la mémoire de femmes résistantes déportées ou exécutées, le 26 avril, le 8 mai, le 27 mai et le 18 juin 

Le 26 avril, dépôt d’une gerbe au pied des plaques à l’entrée du fort de Romainville, à la mémoire des Déportés ; Le 8 mai, dépôt d’une seconde gerbe, à la mémoire des résistants 
Dépôt d’Un bouquet au gymnase Japy, dans le 11e arrondissement, à la mémoire des enfants, des femmes et des hommes, qui y furent rassemblés  avant d’être déportés à Auschwitz 

Des roses furent déposées également sous les plaques à la mémoire des femmes résistantes.

Bertie Albrecht (avenue Bertie Albrecht dans le 8e arrondissement)
Charlotte Delbo (rue de la Faisanderie, dans le 16ème arrondissement)
Danielle Casanova (rue Danielle Casanova dans le 1e arrondissement)
France Bloch et Frédéric Sérazin (rue Monticelli dans le 14e arrondissement)
Geneviève de Gaulle (allée Geneviève Anthonioz de Gaulle aux Lilas)
Lucienne Palluy morte à Auschwitz (Porte de Bagnolet) et Jules Vercruysse
Madeleine Passot et Lucien Dorland (5 rue cité Falguière dans le 14e arrondissement)
Marie-Claude Vaillant-Couturier et Pierre Villon (Place Marie-Claude Vaillant-Couturier et Pierre Villon dans le 4e arrondissement)
Olga Bancic (square Olga Bancic dans le 11e arrondissement)
Eugénie-Mélika Djendi, franco-algérienne, opératrice de radio, exécutée à Ravensbrück (square Eugénie Djendi dans le 15e arrondissement)
Neus Catala, républicaine espagnole, résistante déportée à Ravensbrück (Allée Neus Catala dans le 11e arrondissement)
Maï et Georges Politzer (rue Georges et Maï Politzer dans le 12 arrondissement)

Texte et photos:  Yves Jegouzo, Président du Comité de soutien du Fort de Romainville pour la création d’un Mémoriel dédié aux Femmes dans la Résistance et la Déportation  Hôtel des Fondations- 30 boulevard des Invalides – 75007 Paris

Nous demandons que :

-La caserne historique et les casemates où furent emprisonnés les résistants hommes et femmes, ainsi que le lieu du massacre de 1944, soient préservés,

-La cour du Fort, ancienne cour des détenue.e.s, soit également conservée dans son périmètre actuel,

-Une partie des bâtiments existants soit utilisée pour la création d’un musée de la résistance des femmes, car il n’existe à ce jour, aucun lieu mémoriel dédié au rôle des femmes dans la résistance, qu’elles soient ou non passées par Romainville

Le 24 janvier 1943, le premier convoi de résistantes et de prisonnières politiques envoyées à Auschwitz, « le convoi des 31 000 » est parti de Romainville, avec Charlotte Delbo.

Lise Lesèvre, Renée Rigault, Madeleine Odru, Anise Postel-Vinay, Denise Vernay, Lise London, Danièle Casanova, Serge Choumoff, André Biver, Simone Sampaig, Maï Politzer, MarieElisa Nordmann, Marie-Claude Vaillant-Couturier…

« Et puis je les (les camarades) ai revus à Romainville. Je dois dire que, quand nous nous sommes retrouvés, cela a été le bonheur. Nous n’étions plus seuls. Nous nous sommes entraidées les unes les autres. Il y avait beaucoup de femmes de fusillés. C’était très dur mais chaque fois qu’un mari tombait nous la supportions toutes un peu. La solidarité était parfaite. » Charlotte Delbo