Les jeunes du Lot et Garonne célèbrent le 75éme anniversaire de la libération des camps nazis

Vous avez déjà pu écouter ou lire le poème “La faim” de José Fosty, présenté par des collégiens de 3eme .

Ils évoquent maintenant la Centrale d’Eysses à travers un poème de Jean Lafaurie, interné à la Centrale de Villeneuve sur Lot, puis déporté à Dachau.

Ce poème, le “sinistre chariot“, sera diffusé le 19 février, en même temps qu’un bref historique sur la centrale d’Eysses et qu’un texte écrit sur place, en septembre 2019, par Jean Lafaurie , 96 ans, revenu à Eysses pour la 5ème fois.

Pour mieux comprendre ce poème, quelques informations sur la prison centrale d’Eysses (source https://www.eysses.fr/)

En 1943, les autorités de Vichy décident de concentrer dans ce lieu tous les résistants condamnés de la zone sud de la France. Ils seront 1 400 au début de l’année 1944.

Vue aérienne de la centrale d’Eysses (source site de Eysses)

Les 22 et 23 février de cette année 2020 sera évoqué le 76éme anniversaire de l’insurrection d’Eysses.

A quel événement est il fait allusion ?

Le 19 février 1944, le directeur de la prison ainsi qu’un inspecteur de l’administration pénitentiaire sont pris en otage par les détenus. Ceux-ci sont contraints de renoncer, la répression est très dure: 12 détenus sont fusillés, les autres résistants sont déportés dans le camp de concentration de Dachau, 400 d’entre eux y mourront (source site de la centrale d’Eysses).

C’est à cette détention à Dachau que Jean Lafaurie fait allusion dans le poème : “le sinistre chariot”

Je n’oublierai jamais ce sinistre chariot

Que nous tirions à vingt de la gare à Dachau

Derrière nous le kapo, le SS et son chien

L’un guettant nos mollets, l’autre nos bas de reins

Car malheur à celui qui pour se reposer

Laissait le moindre mou à son cruel harnais

Car le kapo guettant nos moindres défaillances

Ne faisait par ses coups qu’augmenter nos souffrances

Dans ce chariot, des morts, nos compagnons, nos frères,

Qui ne connaîtront jamais la paix d’un cimetière

Car pour eux qui demain ne seront que poussière

Pas de fleurs, pas de tombe, pas la moindre prière

Comme nous, ils pensaient voir un jour la victoire

Et nous les emmenons vers les fours crématoires

Avec pour oraisons les cris de nos bourreaux

Et puis les grincements de l’horrible chariot

En tirant je pensais sans vouloir l’avouer

Qu’un jour ce serait moi que d’autres tireraient

Alors pour m’évader de ses sombres pensées

Et prouver à moi-même que j’étais bien vivant

J’oubliais la douleur faite par le harnais

Et tirais comme un fou tout en serrant les dents.

Pour compléter:

 Article du journal “La Dépêche” du 14 janvier 2020 https://www.ladepeche.fr/2020/01/14/radio-4-au-college-damira-asperti,8659593.php qui relate le travail des élèves de 3éme du collège Damira Asperti, à Penne d’Agenais, ( le nom du collège est celui d’une résistante déportée du Lot et Garonne).

Extrait de l’article:

Dans le cadre de son projet pour la commémoration du 75e anniversaire de la libération des camps nazis, Radio 4, radio locale dont la mission est de produire et de diffuser l’information locale la plus complète possible, s’est rendue au collège Damira-Asperti pour l’enregistrement d’un texte écrit par Damira Asperti – résistante, médaillée militaire, officier de la Légion d’honneur – lu par 4 élèves des classes de 3e. Ces enregistrements, dont le but est de faire lire des paroles et des poèmes de déportés par des collégiens et des lycéens, seront réalisés dans plusieurs établissements scolaires et diffusés sur les ondes de cette radio entre le 8 janvier et le 31 mai

Les collégiens et l’équipe des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation du 47 en plein travail

Pour retrouver ou suivre les lectures des poèmes et des textes : ouvrir le programme http://www.radio4.fr/l-asso.html – Cliquer sur « Écoutez en direct »  

Les diffusions sont programmées :

  • Le mercredi dans l’émission « Paroles de jeunes » à 10h10 et 17h10
  • Le dimanche dans l’émission « La matinale du dimanche » à partir de 8h00

 En différé : suivre  ..le mode d’emploi :

 Se rendre à l’adresse suivantehttp://www.atel4.fr/exemples/memoire/

Sur le menu à gauche, choisir parmi les rubriques : “illustrations”, “présentation” ou “mois de…” où les textes, déposés au fur et à mesure du déroulement du projet (de janvier à mai), peuvent être écoutés et téléchargés.

Information à noter, toujours ce mois ci: présentation de l’exposition  Le Lutetia à la Mairie d’Avignon, du 17 au 29 février 2020